Certains des acteurs les plus artistiquement emblématiques de certaines scènes continuent inlassablement de s’inscrire dans cette incessante volonté de s’exprimer au travers de leur musique. Ainsi, pour eux, jouer peut apparaitre comme vital. La vision qu’ils donnent alors de cette omniprésence, réelle lorsqu’ils sont assidu sur les planches, et plutôt de l’ordre de l’influence lorsqu’ils s’en éloignent, donne naissance à une respectabilité, et parfois une légende, traversant époques, mouvements et décennies, jamais, quoiqu’on en dise, totalement usurpées.
Herman Frank, dont le nom apparait sur nombres d’œuvres en tant que producteurs et sur nombres d’autres en tant que guitariste, fait partis de ces musiciens qui auront indéniablement marqué l’histoire. Membres de certains des groupes les plus mythiques teutons, tels que Accept dans sa période la plus glorieuse ou encore
Sinner, mais aussi d’autres sans aucun doute moins emblématique mais non moins attirant tels que Moon’Doc ou encore
Victory, l’artiste défend désormais son propos sous l’étendard de son propre patronyme.
Pour le soutenir, le vétéran allemands aura eu l’intelligence de s’entourer de quelques autres grands noms, pas nécessairement les plus reconnus, mais assurément musiciens appartenant au cercle restreint des plus illustres de la scène Heavy Metal, ou du moins de celle germanique. Ce qui est, à peu près, équivalent. Ainsi l’œuvre réunit un Stefan Schwarzmann, dont la renommé méritoire se lit sur un CV noircit du nom de quelques uns des plus glorieux groupes allemands, tels que UDO,
Running Wild, Accept ; mais aussi avec un Peter Pichl, officiant avec Rock’n Rolf et les siens, à la basse ou encore avec Jiotis Parachidis chanteur émérite de Human Fortress et de
Victory, dont l’étendu des capacités et la diversité des talents est juste incroyable.
Si l’équipe est assurément intéressantes, l’équipé ne le sera pas nécessairement.
Pour ce faire nul doute que les musiciens devront s’employer à ne pas tomber dans les écueils de ce Heavy Metal typiquement teutons où la diversité est un concept trop souvent négligé. Nul doute qu’ils devront, également, éviter ceux d’un égo démesuré déplacé.
Et indéniablement l’expérience, et le talent, transcendent un
Loyal To None où le discernement de ces musiciens aguerris évite tous les pièges. Défendant un Heavy Metal efficaces des titres tels que les nerveux et attrayant Moon II, 7 Stars, le très bon Lord Tonight ou encore
Down to the Valley offre le visage le plus délicieusement âpre de ces musiciens. Dans une expression moins véloce, mais tout aussi réussie, les mid-tempi tels que, par exemple, l’excellent Kill The King s’inscrivent dans cette indispensable diversité. Variant les tempi, le groupe aura aussi, afin d’éviter une ennuyeuse linéarité, la sagesse de varier, quelques peu, les registres. Ainsi aux confins d’un Heavy mélodique tutoyant presque le Hard Rock, si tant est que l’on puisse un tant soit peu oublier l’âpreté de ces guitares, des morceaux tels que, par exemple, Bastard Legion, mais aussi la ballade nerveuse, et attachante, Heal Me propose, de cette œuvre, une vision différente. Véritables respiration salutaires, ces variations participent, incontestablement, à la réussite de cet album.
Point trop n’en faisant, le guitariste nous propose de gouter à ces soli efficaces pas trop démonstratifs. De plus, en véritable chanteur de Heavy Metal de grand talent, Jiotis Parachidis et son timbre éraillé, chaud et puissant, se distingue dans l’interprétation exemplaire d’un
Loyal To None, conférant à cet album une dimension intéressante supplémentaire.
Loyal To None est donc une œuvre de Heavy Metal teutons assez classique, et pourtant assez enthousiasmante. Ce regain d’interêt est le fruit, d’abord, du talent de ces musiciens ; mais aussi et surtout de la subtilité avec laquelle ils auront su diversifier leur propos.