Pour le Black Metalleux de base, un split n’est qu’une sorte de compilation réunissant au moins deux groupes. Mais dans un milieu plus souterrain, un split est bien souvent vu comme une véritable petite perle qui permet à deux groupes de s’affronter en proposant des morceaux qui ne s’intègreraient pas forcément dans un album. Et l’enjeu pour les groupes est que l’auditeur privilégie un groupe par rapport à l’autre, alors pour éviter cela, les groupes en questions donnent le meilleur d’eux-mêmes !
Avec ce split réunissant
Sad et
Warwulf, on tombe sur un disque qui saura ravir les amateurs de musique sombre et cradingue !
Si
Sad n’est certainement pas inconnu par les acteurs de l’ombre,
Warwulf, fondé en 2003 reste un groupe encore trop peu connu.
Warwulf n’étant encore qu’au stade de démos,
Sad a déjà eu l’occasion de sortir deux albums depuis sa création en 2005. Ceci explique en partie que ce nom rappelle quelque chose.
C’est donc avec une prestation de
Sad que commence l’opus. Le groupe nous présente-là des compositions travaillées et inspirées. Les mélodies éparses retiendront toute notre attention. S’attendant à du True Black, on notera que les Grecs sortent un petit peu des sentiers battus en proposant une musique vraiment sombre où le rôle des mélodies est d’embarquer l’auditeur dans un monde fantasmagorique et misanthropique.
Sad alterne souvent les tempos, ce qui permet de ne pas stagner sur des rythmes stériles, dénués d’âmes. Et pourtant, on ressent tout de même une certaine fascination face à ce monde décharné qui se dessine devant nos yeux.
Des vocaux haineux et pessimistes viennent transcender la musique de
Sad dont la production est plutôt macabre. Un son violent et Raw se dégage incontestablement des quatre titres proposés pas le combo hellénique. On retiendra de
Sad un Black Metal de qualité, froid et terriblement funèbre. Des passages acoustiques comme sur l’outro de In The Arms Of Sleep font froid dans le dos, l’auditeur est malmené psychologiquement dans ce tourment musical extrême et malsain.
Puis c’est au tour de
Warwulf de nous embarquer dans un univers ténébreux et inquiétant.
Dès le premier morceau de ce one mand band mené par Wulfskrieger, on sent une certaine aura maléfique se dégager. L’intro paraît terriblement glauque et dépravée. Mais très vite,
Warwulf fait surgir sa voix des riffs démoniaques de
Follow The Wolves To My Grave. On a là un titre fort efficace qui baigne dans la noirceur la plus totale. Certains aspects peuvent faire penser éventuellement à
Satanic Warmaster ou voire
Sargeist.
Warwulf nous présente des morceaux composés dans la souillure et la haine. Le chant haineux et profond ainsi que les ambiances suffocantes et malsaines ne sont pas sans rappeler un certain Seigneur Voland.
La dimension satanique omniprésente dans la musique de l’Américain en font une œuvre qui semble possédée et folle. Le malaise qui émane des morceaux comme
Of Secret And Shadow permet de ranger
Warwulf dans une catégorie à part du Black Metal actuel où tout un ramassis de groupes s’entasse dans une volonté de reconnaissance en faisant de la merde.
Si
Warwulf n’a encore jamais sorti d’album, sa musique a au moins le mérite d’être sincère et dévastatrice, sans artifice, sans concessions !
Warwulf n’a que faire de ces poseurs qui imitent
DarkThrone ou
Marduk. Et il le montre au travers de ces quatre morceaux animés par le Diable, joué avec des couilles !
Le split
Sad /
Warwulf ne connaitra sans doute un rayonnement qu’au sein d’un public très restreint. Mais ce public saura l’apprécier, et c’est cela qui compte. Avec un monde minimaliste et décharné comme celui de
Sad et des ambiances maladives et misanthropiques de
Warwulf, ce split devrait pourtant faire office d’incontournable dans la scène underground.