... Ville Valo l'a parfaitement compris.
C'est bien gentil de faire ce genre de pochette aguicheuse avec la vision du haut d'un tatouage pour émoustiller la gent féminine, aussi faut-il encore assurer derrière. Hors, depuis Greatest Lovesongs Vol. 666, Valo a parfaitement compris au vu des strings ramassés sur scène que ce qui pouvait faire son succès, c'était de jouer sur l'image. La jaquette est donc clinquante plutôt que d'être tranchante. Sans réelle adéquation avec le nom de l'album. Pas de très bon augure avant de se lancer tête bêche dans un disque qui va tout de suite chercher à marquer sa différence avec son grand frère.
En effet, l'ensemble devient déjà plus soft. Là où Greatest Lovesongs Vol. 666 tendaient vers un gothique encore quelque peu metal, cette facette s'efface de plus en plus au profit d'un rock parfois musclé, mais sans réelle puissance, l'univers gothique laissant quant à lui place à des couleurs plus criardes, devenant un pastiche plus qu'un argument. Selon Terry Pratchett, les elfes emploient le Gueule amour (glamour) pour se donner une apparence séduisante auprès des humains.
HIM semble utiliser le même principe, cachant des faiblesses sous des paillettes et en appuyant sur cette dénomination Love Metal dont il reste le seul et l'unique représentant (et on a envie de le remercier de rester solitaire).
Le principe est bien simple : avec des morceaux variant selon les versions (certaines contiennent
Your Sweet Six Six Six et
Wicked Game jouées de façon plus soft), difficile de s'en sortir aussi autant expliquer que le groupe joue sur l'alternance, un morceau typé heavy se voyant toujours succédé par un titre soft, voire par de nombreux titres soft sur la fin. Ici, ce qui pouvait à peu près fonctionner sur le premier album manque singulièrement de gueule. L'explosion n'arrive presque jamais, à part sur quelques refrains (
Right Here In My Arms et dans un genre différent,
Gone With The Sin). Du coup, Razorblade Romance devient tout simplement mou du genou et pas franchement romantique non plus, trop pop et sautillant pour vraiment se montrer séducteur. Bon, il est rose et il y a Valo sur la pochette, mais ce n'est pas forcément romantique ! L'homme donne parfois l'impression d'ailleurs de jouer sur la corde sensible en employant un chant qu'il voudrait poignant, mais qui est plus pleurnichard qu'autre chose (
Join Me In Death) et qui parvient à faire retomber la pression là où il y aurait eu matière à faire mieux avec plus de décence dans l'interprétation.
Malgré tout, encouragé par quelques clips sexy, cet album sera une réussite commerciale.
HIM est un groupe qui cible un public particulier et cela se confirme lors des concerts, où le public est principalement féminin et entièrement dévoué à Valo. Réaction machiste de dire que c'est un album destiné à un seul sexe, mais c'est hélas ce qui s'y apparente le plus. Bref, à partir de Razorblade Romance,
HIM va devenir une espèce d'ovni de la scène metal, accaparé à plaire à seulement une partie du public, ouvrant certaines portes et ne pouvant que constater que ses fans se détournent pour des groupes qui n'ont pas peur e faire du pied également aux hommes. Et c'est là que la blague devient drôle.