At Sixes And Sevens est le premier album réalisé par
Sirenia, et probablement celui qui a le plus marqué les mémoires. A l’époque le groupe ne comptait que Kristian Gundersen et Morten Veland, qui avait abandonné
Tristania pour se consacrer à ce projet. Le chant féminin était assuré par Fabienne Gondamin (une compatriote, l’album ayant étant enregistré en France), et le violon par Pete Johansenn, tout deux à titre d’invités.
Les compositions de Morten Veland sont excellentes, tout à fait dans la lignée de
Beyond The Veil. Comme tout bon morceau de metal gothique, l’album présente un mélange subtile d’influence death, heavy et classiques.
Du death, il a gardé les chansons sans structure, qui sont juste une narration sans refrain ni couplet, ainsi que les vocales growls ; du heavy, la rythmique et les riffs ; du classique, les chœurs d’opéra à la
Therion, les passages de violon. S’y mêlent des influences atmo, dans le chant féminin ; black, dans le chant éraillé souvent associé au chant death.
Sur beaucoup de pistes, et spécialement
On the Wane, voix black et death dialoguent sur un mode sombre, avant de laisser la place à des voix féminine ou masculine claire, lumineuse ; le contraste est formidable, meilleurs encore que dans
Beyond the Veil. La généralisation du chant black, sorte d’interlocuteur sifflant des grognements death, est excellente.
Écouter
At Sixes And Sevens, c’est pénétrer dans un monde étrange, peuplé d’ombres et de rêves, où la lumière fait paraître encore plus obscure les ténèbres. Un album au groove irrésistible, gothique d’un bout à l’autre, et qui ne risque pas d’être oublié de sitôt.