Quand
Michael Amott avait annoncé la formation de
Arch Enemy, oeuvrant dans le death metal, les fans de la première heure, à l'époque où Amott aiguisait ses riffs chez
Carcass, se sont réveillés, eux qui avaient boudé Spiritual Beggars. Et du coup, les maisons de disque sentant le bon coup, se sont mis à croire au pouvoir de la formation stoner. Enfin, ils ont surtout compris que mine de rien, Amott était bancable. Autour de lui, on retrouve le batteur
Daniel Erlandsson, le bassiste/chanteur
Johan Liiva (décidément, après Spice...) ainsi que son jeune frère,
Christopher Amott. Bref, le groupe familiale par excellence.
Ensuite,
Arch Enemy évolue dans un registre death, mais death mélodique, style Göteborg. Dans l'esprit commun, la définition la plus simple de ce sous-genre serait "riff à la
Iron Maiden avec des voix death". Soit. Cela expliquerait les reprises de
The Ides Of March et de
Aces High de la Vierge de Fer sur certaines éditions. Mais c'en est presque trop simpliste. Aussi, si l'on retrouve l'influence de la bande à
Steve Harris dans la musique proposée sur ce Black Earth, on découvre également de grosses influences thrash, notamment au niveau des rythmiques, que ce soit la batterie ou les guitares, qui se libèrent pour livrer des soli léchés et souvent incisifs. Le jeune Christopher n'a rien à envier à son frère de ce point là, il sait assurer des parties savoureuses sans en mettre plein la vue de façon intentionnelle, ce qui brise systématiquement la magie. Il sait où est sa place, il ne franchit jamais la ligne jaune.
Partagé entre désirs de vitesses et morceaux plus posés dans le tempo et délivrant des ambiances oppressantes qui parfois peuvent un peu étouffer l'auditeur. On apprécie le côté heavy de certains titres, on apprécie également la vélocité de certains autres, on n'adhère pas forcément tout du long au discours des Suédois qui sont parfois un peu brouillon dans les idées. Liiva n'est pas non plus exempt de défauts derrière le micro. Selon l'instant, il peut se montrer bon
Bury Me An Angel, jouissive de bout en bout) ou plus quelconque, entre un registre thrash extrême ou death timide, il est difficile de l'apprécier totalement dans son registre qui manque parfois de puissance. Du coup, il accentue les inégalités au passage, pouvant amener un bon titre à être plus commun, amenant une composition moyenne à rehausser son niveau.
Passant outre ces défauts, les frères Amott s'ingénient tout de même à varier les différentes morceaux. Ne pas rester sur le même tempo, ne pas calquer le même solo sur chaque titre, en offrir plusieurs sans ruiner l'idée maîtresse du titre, faire en sorte que l'ensemble garde une musicalité et que les mélodies, bien présentent, s'insèrent à l'ensemble sans qu'elles ne détonnent. De ce point de vue, Black Earth est plutôt réussi, les points négatifs allant plutôt à des riffs un peu banals à force d'avoir été entendus. Car ici,
Arch Enemy ne brille pas par son originalité. Il fait un bon boulot, mais est-ce quelque chose de personnel ? Pas vraiment, cela pourrait rappeler bon nombre d'autres combos oeuvrant dans un registre similaire.
Inutile de jouer au plus fin. Sans être génial, Black Earth tient assez bien la route. Pour un galop d'essai, on a entendu pire, malgré le métier de Michael Amott qui a encore du mal à effacer son image de ex-Carcass. Ce n'est pas mauvais, ce n'est pas original. Le genre de disque qui fait passer un bon moment et que l'on prend plaisir à faire tourner sur sa platine de temps en temps, mais pour lequel on ne vouerait pas un culte.