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Chronique de L'Hymne à La Joie

The CNK  - L'Hymne à La Joie (Album)

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Métal mixé avec le cadavre de Beethoven



En 2002, un ovni, issu de l’imagination débridée de Mr Hreidmarr (Anorexia Nervosa) et de Heinrich Von B apparaît dans la sphère métallique française : The Count Nosferatu Kommando (The CNK). Nous gratifiant d’un Ultra Violence Uber Alles (UUA) à la pochette assez malsaine, un « electro war black metal » (selon leur ancien label Kodiak Records) nous était livré en pâture. L’appellation, somme toute outrancière, était malgré tout cohérente avec le propos tant l’alliance entre machines et black métal étaient parfaites. (Ultra)violent, massif et martial étaient les maîtres mots pour désigner l’expérience sonore. Il aura fallu attendre que Hreidmarr quitte Anorexia, soit 5 ans, pour que le phoenix renaisse de ses cendres.
Devenu The Cosa Nostra Klub (on garde les mêmes initiales), UUA allait avoir un petit frère. Ainsi naquit « L’hymne à la joie » et quoi de mieux que de s’entourer de sa famille pour fêter l’heureux évènement. Le line up se voit, ainsi donc, compléter de Sylvicious (ex Tamtrum) à la batterie et Mr Valnoir à la basse. C’est d’ailleurs ce dernier qui signe l’univers graphique du skeud.

Connaissant le groupe pour son goût de la provoc’, on ne peut être déçu face au visuel affiché par l’album. En effet, on a droit à un artwork renvoyant à l’époque totalitaire de Staline, ce qui a valu au groupe une petite censure de la part d’un disquaire bien connu (shame on him).
Cette imagerie se retrouve également dans les paroles au ton volontairement second degré et politiquement incorrect (le refrain de « Vote for Winner »). Mais le CNK 2007 va apporter un brin de folie à leur concept et ainsi pousser le délire beaucoup plus loin. D’un « electro war black metal » on va passer à un « Wagner like electro metal ». Rien que ça. Ainsi, l’intégration de samples symphoniques va rendre le son dantesque. Rien ne prépare l’auditeur au déluge sonore, surmultiplié par l’excellente production, gracieuseté de Stephan Bayle (Anorexia Nervosa). Les français ont décidé de frapper un grand coup dans la fourmilière sclérosée du métal extrême hexagonal en apportant un son totalement expérimentale et novateur, voir avant- gardiste.
Dès l’entame de l’introduction, on se rend compte de l’ampleur du boulot. Car c’est le hit de Beethoven qui est carrément revu, en version métal, avec sa mélodie hyper entraînante et sa batterie presque organique. Une bonne entrée en matière avant LE titre de l’album : Cosa Nostra Klub. Véritable brûlot de férocité et de violence, c’est une sorte de synthétisation de ce que peut représenter le style de la formation. Cela commence par des samples symphoniques lointains et fantomatiques avant que des choeurs martiaux et opératiques prennent la relève et saignent les oreilles de l’auditeur. Jamais des cuivres ne s’étaient aussi bien intégrés aux guitares. La fusion est parfaite. La voix de Hreidmarr est, particulièrement, haineuse tel un dictateur scandant son prosélytisme. Avancez ou mourez. Tel pourrait être le slogan. Sur les 9 fresques épiques, on aura droit, donc, au même type de schéma musical (le guerrier « The Martialist »). Malheureusement, à ce petit jeu, l’electro est un peu mis sur la touche et ne reprend ses droits que sur «Vote for Winner» avec ses guitares tranchantes et électrisées et son break, en forme de discours fédérateur, scandé au peuple. Alors sortie de l‘année 2007 ?
Pas vraiment, car les zicos se sont un peu assagis et ont mis de l’eau dans leur vin. L’album se révèle, en outre, moins direct et violent que UUA. De plus, le beugleur de service ne module aucunement sa voix, ce qui nous donne une voix criarde et monotone du début à la fin.
Il se déchire,certes les cordes vocales mais l’homogénéité et le caractère monolithique de la bête rend l’écoute du tout assez indigeste. Il n’empêche qu’il insuffle suffisamment de rage dans les compos pour nous faire oublier cette petite « faiblesse » vocale.
L’auditeur se rendra compte,également, que la conclusion de l’album souffre d’un léger manque de rythme. Le dispensable « Dinner is Ready » se plante avec sa structure bancale et ses percussions peu judicieuses. Et « Inorexable Parade » et ses longueurs dispensables font lever un peu le pied. Deux faux pas, faisant offices de légères cassures rythmiques, mais qui sont, somme toute, assez relatifs face aux potentiels énormes des morceaux.
On a le droit, d’ailleurs, à un titre entièrement chanté dans la langue de Goethe (« Die Holzhammermethode). Riffs lourds et pesants s’entrechoquent, pour le plaisir, à la manière d’un Rammstein (non pas les doigts !!).

Malgré, donc, une fin d’album en demi teinte et une prise de risque osée, on ressort avec un large sourire. Nous avons affaire à l'un des albums les plus décalés du paysage musical métal français. Décadent, intense, grandiloquent, on se doit de clamer haut et fort : « Vote for CNK ».

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Critique The CNK - L'hymne à la joie

Cet article n'a pas été écrit par un membre de l'équipe officielle de Metalship, et n'engage donc que son auteur, pas la rédaction du webzine.


Anciennement Count Nosferatu, le groupe se forme en 1996 et est à la base composé de deux membres, les surnommés Mr Hreidmarr (ex anorexia nervosa) et Mr Heinrich Von B. (Nicolas St Morand et Jean-Sébastien Ogilvy). Deux démos sortent: Das Schwarze Order(1996) et Soleil Noir (1998). C'est à partir de là que le groupe trouve son nom de scène, Count Nosferatu Kommando.

En 2002, sort l'excellentissime Ultraviolence Über Alles, véritable monstre de Black/Death Metal Indus, qualifié de "Electro War Metal" par leur maison de disque de l'époque (Kodiak Records), cette galette porte parfaitement bien son nom, Ultra-violent dans tous les sens du terme, il s'agit du parfait mélange du Métal et des machines, brutal dans le son et les paroles, engagé dans ses textes et martial à souhait, UUA est un pur chef d'oeuvre.

Après une période de non-activité, Mr Hreidmarrquitte Anorexia Nervosa et annonce qu'un nouvel album de CNK, rebaptisé The Cosa Nostra Klub ou The CNK par la même occasion, va voir le jour. En 2007 une date est enfin annoncée, le 12 Novembre, voyons si cette longue attente est récompensée.

Premier constat, le groupe fait toujours dans la provoque, en effet à travers la pochette on ne peut que être rassuré en se disant que The CNK n'a rien perdu de son coté cliché, kitch et provoquant. C'est maitrisé avec brio et ca fonctionne très bien, en effet, pour l'anecdote, le groupe a connu quelques problèmes avec la fnac qui ne voulait pas distribuer l'album a cause de sa pochette juger trop provocante. Dans cet Hymne à la joie, le groupe semble avoir apporté un coté grandiloquant, notamment dans la musique puisque le titre fait directement référence et penser à de la musique classique.

On peut dire que les pochettes d'albums ne mentent pas sur le contenu chez The Cnk, en effet le groupe officie toujours dans une Death/Black Industriel mais avec un gros apport classique en plus. Ca sonne beaucoup plus symphonique qu'avant et ça fait beaucoup penser à Anorexia Nervosa. Mais justement, on pourrait se demander pourquoi Hreidmarr a t-il quitté AN pour faire le même son qu'avec The CNK, des les premières secondes d'écoute on le comprend très bien: avec The CNK, plus de coté occulte et méchant qui colle au Black Metal, The CNK se rapproche plus d'un délire, comme je l'ai dis plus haut, tout en clichés et très kitch, on sent que l'on s'amuse plus sur The CNK.

Le Hic, c'est qu'on a l'impression que le groupe a le cul entre deux chaises, c'est à dire, de garder le fameux esprit de Ultraviolence Uber Alles qui mélangeait electro et metal de façon extrême et de coller à la nouvelle étiquette grandiloquante et classique. Objectivement, je trouve l'alchimie très convaincante, notamment grâce à la production qui est tout à fait admirable, on sent que le boulot sur le son a été travaillé et bichonné pour être le plus convainquant possible. Pour ce style de musique je dois dire que le son se devait d'être puissant et lourd, et il l'est. La musique fourmille de détails, contient des samples de musiques classiques, les guitares sont lourdes mais se rapprochent pas mal au final d'un Rammstein(patapésivouplé). Quant aux parties vocales, c'est du CNK, elles sont reconnaissables en trois secondes, on garde ici un Chant hurlé-saturé, et une voix plus Death metal, grave donc. Dans certaines chansons les vocaux sont vraiment monstrueux, mais dans l'ensemble, l'habitué de UUA, ne sera pas perdu.

Là ou l'habitué de Ultraviolence Uber Alles peut être perdu, c'est dans la brutalité de l'ensemble. En effet, il m'a semblé que le coté Electro de UUA était un peu plus prononcé, ce qui donne avec la boite à rythme une brutalité sans nom. C'est moins rentre-dedans et simple que par le passé, L'hymne à la joie est clairement plus complexe et fouillé, mais pas dur d'approche. L'album est bien maitrisé, les chansons s'enchainent de façon logique, l'auditeur n'est jamais paumé, certains titres sont vraiment énormes comme par exemple "C[osa] N[ostra] K[lub]", "The Martialist", "Vote for Winners", "Die HolzHammerMethode", "Dinner is Ready" ou "Inexorable Parade"...

Au final qu'est ce qu'on pourrait reprocher a cet album, peut être que le coté ultraviolent ne soit plus vraiment présent comme dans UUA, mais à la limite tous les groupes évoluent, et il y a peu d'intérêt a faire deux fois le même album...Moi, ce que je reprocherai à cet album, c'est que l'on aurait pu imaginer un album encore plus barré que ça, je trouve que ça manque un peu de folie. A part ce petit point, cela reste un bon album de métal. L'hymne à la joie, est un album de Death/Black metal Industrielle teinté de musique classique parfaitement bien maitrisé, les parties classiques, symphoniques et les chœurs sont parfaitement distillés, on ne part jamais dans l'excès ou dans le n'importe quoi, on sent certaines influences comme Laibach par exemple, l'album sonne rock and roll, c'est vraiment très pro.



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Commentaires


y'a dés fois j'ai du mal à te suivre quand même, j'ai l'impression qu'il y a un décalage entre la note et le bilan. 6.5/10 à un album qu'est quasiment l'album de l'année? 2007 est si mauvaise que ça?
mar. 19 août 08- 11:36  
Int a écrit :
y'a dés fois j'ai du mal à te suivre quand même, j'ai l'impression qu'il y a un décalage entre la note et le bilan. 6.5/10 à un album qu'est quasiment l'album de l'année? 2007 est si mauvaise que ça?


L'album est très bien, mais pour du CNK, ça vaut 6-7, voila tout. Mais j'édite, car, c'est vrai que l'époque de ma cro, jetais très enthousiaste. Avec du recul, je préfère largement le coté ultraviolent de CNK.

mar. 19 août 08- 20:37  
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L'Hymne à La Joie - Infos

Voir la discographie de The CNK
Infos de L'Hymne à La Joie

Sortie : 12 novembre 2007
Genre : Metal Industriel
Playlist :
voir paroles : Voir les paroles
1. L'Hymne à la Joie (1:28)listenparoles de L'Hymne à la Joie
2. Cosa Nostra Klub (4:30)à écouter en premierlistenparoles de Cosa Nostra Klub
3. The Martialist (4:17)paroles de The Martialist
4. Total Eclipse of Dead Europa (4:12)culte !culte !listenparoles de Total Eclipse of Dead Europa
5. Vote for Winners (4:15)paroles de Vote for Winners
6. Die Holzhammermethode (7:05)listenparoles de Die Holzhammermethode
7. Dinner is Ready (4:35)culte !culte !listenparoles de Dinner is Ready
8. Судный день – The Doomsday (4:31)paroles de Судный день – The Doomsday
9. Inexorable Parade (5:41)paroles de Inexorable Parade
écouter : Ecouter l'album



The CNK

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