Puiser dans une carrière aussi longue, construites autour de titres aussi disparates et inégaux, pour en tirer la
quintessence d’abord sur scène, et ensuite sur un album, peut apparaitre comme une prouesse complexe. D’autant plus que les danois de
Pretty Maids continuent, sans cesse, de se complaire en des attitudes ineptes consistant à vouloir errer en des univers musicaux irrémédiablement opposés, définitivement antinomiques, tout du moins sans le génie, ou le talent suffisamment nécessaire pour les unir. Tantôt Heavy rageur, tantôt Hard Rock mélodique, tantôt ballade romantique, tantôt dans le passé, tantôt dans l’ère du temps Ronnie Atkins et les siens déambulent dans une indécision artistique déroutante, véritablement incapable d’offrir un amalgame intéressant de ces différentes influences imprégnant l’ensemble de ces titres plutôt que chacun tour à tour.
Le constat, amer, effectué ; force est de constater que cet album live, intitulé
Alive At Least, pourvu d’une pochette étrange, pour ne pas dire hideuse, est, malheureusement le parfait reflet de cette réalité. Ainsi de très bons titres tels que le sublime, Sin Decade rapide et culte, tel qu’un intéressant Destination Paradise véloce et nerveux ou qu’un attirant Tortured Spirit offre le visage le plus rageur et le plus délicieusement Heavy d’un groupe efficace. Cette douce trilogie à l’énergie plaisante, laisse en nous des sentiments agréables immédiatement saccagés par les mélopées bien trop mélodiques de l’exécrable sucrerie que constitue un Wouldn’t Miss You déplacé et déplaisant. Cette habitude désagréable, et fâcheusement récurrente, d’offrir un mélange de titres irréguliers aux rythmes et aux envies diverses, est très regrettable.
Nightmare in the Neigbourhood et le très nerveux et excellent Virtual Brutality, prenant toutes sa dimension sur scène, deux morceaux dont la cohésion est encore une fois piétiné par la romance dérangeante de cette ballade placé entre, qu’est Natural High, restent pourtant des moments appréciables, mais qui ne sauraient nous satisfaire pleinement. Notons que la suite de l’album est plus directement inscrite dans une démarche plus Heavy, avec notamment
Queen of Dreams, Cold Killer, un heureux Playing God prompt, tendu et réussi, un sympathique Snake Eyes in Eden, un antique Shelly the Maid, un admirable et mythique Future World nous permettant de nourrir tant de regrets, un excellent
Red, Hot and Heavy. Pourtant si ces titres sont indéniablement attrayant, à l’exception des deux ou trois derniers citées, aucun d’entre eux ne possèdent le charisme, ni même l’intérêt de certains autres éminemment plus efficaces et inspirés composés par Ronnie Atkins et ses comparses. Si l’on peut comprendre la volonté, fort louable, que l’on pourrait, et que l’on veut, croire de
Pretty Maids de ne pas vouloir proposer des titres déjà apparues sur CD en live, et ainsi de ne pas faire doublon avec Screamin’Live ; le résultat offre, tout de même, une pauvreté déconcertante. Quel attrait peut, en effet, offrir un album live de ces danois sans des titres aussi forts, intenses et réussis que Back to Back, Psycho-Time-Bomb-Planet-Earth, Rise, Scream, Yellow Rain ? Ou ceux nettement moins anecdotiques que ceux proposés tels que Fly Me Out, Twisted, Only In America ? Comme évoqué en préambule, le choix est délicat. Dommage qu’il soit, ici, presque totalement négligeable.
En dehors de quelques moments très marquants, plaisamment ou non d’ailleurs, ce disque, encore une fois, n’offre donc que les affres de titres bien trop peu efficaces, souvent linéaires et sans relief.
Pretty Maids continue ainsi à mener, avec talent, une carrière effarante et sans surprise.