La lente et progressive décadence de
Sirenia, initié dans
An Elixir For Existence, se poursuit semble-t-il dans
Nine Destines and a Downfall. Passons sur la couverture d’un gout douteux, qui à l’air tout droit tiré d’un de ces vieux mangas de la première vague d’invasion japoniaise. On ne peut juger du contenu par le contenant, alors allons tout droit au dit contenant. Passons également sur le chant aiguë de sa dernière et provisoire recrue, qui fait plus lolistar que chanteuse atmo. Il a au moins le mérite de sortir un peu des sentiers battus, et surtout d’être facile à écouter.
Ce qui est plus difficile à encaisser, c’est les chœurs féminins niais qui l’accompagnent dans
Absent Without Leave, c’est la chanteuse pleurnichant sur « this cold winter land » dans
Sundown, que n’arrive pas à sauver les superbes retour des voix death ; et c’est surtout la disparition quasi-totale de ces dernières, et du côté death en générale. Plus de ces riffs lourds et puissants, plus de voix growl ; bref un gothique si censuré qu’on hésite à appeler ça du metal. Plutôt un genre de pop rock avec quelques passages un peu sombre : l’intro de
Absent Without Leave ;
Downfall, la seule chanson où l’on reconnaît un temps soit peu Morten Veland, avec dans une moindre mesure
Seven Key and Nine Doors.
Et pourtant… Le génie du compositeur est toujours là, et ne cesse de se manifester. En particulier par la beauté et le caractère véritablement envoûtant de bon nombre de mélodies : l’intro
The Other Side, les chœurs de
One By One, ou
My Mind Eyes tout entière…
Egalement par la qualité des compositions, qui n’a en rien baissé ; par les chœurs à la
Therion, mi profanes mi sacré, toujours aussi superbes…
Mais l’ensemble est lisse, polie à l’extrême ; on sent la volonté de réaliser quelque chose de plus conventionnel, de plus accessible qu’
At Sixes And Sevens; de dépouiller les compositions de leur part d’ombre. De ce point de vue
Nine Destines and a Downfall est une très grande réussite.
Il est vrai que pour le groupe, élargir son public était une nécessité vitale,
Sirenia n’ayant jamais possédé une assise très solide à ce niveau, étant souvent assimilé à du sous-
Tristania ; rejoindre un style plus proche des
Within Temptation,
Lacuna Coil et
After Forever, était sans doute moins risqué. Il semble que le pari ait réussi…