Immolation fait partie de ces groupes de Death Metal américains qui ont toujours su nous surprendre. Alors que des groupes comme
Obituary ou
Cannibal Corpse arrivent, par un prodigieux tour de passe-passe, à nous démontrer que le Death Américain a encore de beaux jours devant lui, et ce, malgré une stagnation certaine,
Immolation, lui, nous le montre en ayant choisi la voie de l’évolution.
Depuis ses débuts, le groupe n’a cessé d’impressionner ! Et en 2005, la grosse claque où le groupe s’est surpassé avec
Harnessing Ruin ! Mais l’album d’après,
Shadows In The Light, avait botté encore plus de cul ! Un sens imparable de la mélodie, une brutalité bien marquée, une technicité efficace et non démonstrative, bref, certains s’accordent à dire que ce dernier est l’album de la consécration !
Après un tel bijou, autant dire que le successeur de
Shadows In The Light était attendu !
Et le voilà qui arrive, tout frais tout beau ! Il arrive…
Mais autant le dire tout de suite, difficile de faire mieux que l’album précédent. Ce nouvel opus ne lui sera pas supérieur, mais il arrivera sans doute à l’égaler…
On sera d’abord frappé par la puissance sonore qui se dégage de ce
Majesty And Decay. La batterie est surpuissante, écrasante, imposante, bref, les qualificatifs ne manquent pas ! Les guitares elles aussi sont très travaillées, même si on regrette légèrement les aspects mélodiques qui faisaient la force de
Shadows In The Light. Ils sont ici bien présents, mais peut-être moins nombreux et plus discrets. Les éléments techniques sont toujours utilisés à merveille, sans en mettre plein la vue, mais surtout pour renforcer les ambiances grinçantes et distordues : une sorte de marque de fabrique du groupe qui n’hésite pas à puiser dans les aigus pour obtenir des sons frissonnants et morbides.
Une basse omniprésente vient renforcer cette puissance phénoménale. La puissance rappelle d’ailleurs celle des derniers
Nile ou
Behemoth. Un son massif, percutant. La technologie a aidé à mettre en valeur la musique du groupe sans en corrompre l’essence, ce qui est un bon point !
Le chant, lui aussi fait partie des marques de fabrique du groupe, rien n’a vraiment changé, le chant n’est pas vraiment varié ni riche, mais ce qui est tout de même hallucinant, c’est la manière avec laquelle on savoure ce chant véhément que l’on connaît déjà depuis des lustres, mais celui-là, non, on ne voudrait pas le voir changer. Il nous convient, il fait partie d’
Immolation, et on veut le garder.
Sur le précédent opus, on retrouvait bon nombre de hits comme Passion Kill,
Hate’s Plague, ou encore The Weight Of Decotion, tandis que sur
Majesty And Decay, c’est surtout des morceaux phares qu’il manque.
Mais attention, ceci n’est qu’un détail. Ce nouveau bébé, est un tsunami qui va broyer les oreilles de ses amateurs ! Même si
Shadows In The Light s’impose tout de même comme étant un poil supérieur,
Majesty And Decay n’en est pas pour autant mauvais, loin de là, c’est une véritable tuerie, et pourquoi pas l’album Death US de l’année !
Immolation montre une fois de plus que la scène amerloque n’est pas prête à se laisser marcher sur les pieds par les suédois !