Après le fracas tonitruant d’une carrière brutalement interrompu par des déboires de santé, contre lesquels Tom Keiffer, son chanteur, dû finalement se battre, le rendant pratiquement aphone, durant plus d’une décennie, mais aussi par le désintérêt d’un public pour un
Still Climbing, quatrième albums pourtant très intéressant,
Cinderella erre sans cesse dans les méandres de paysages désertiques d’une indifférence à son encontre, forcément, douloureuse. De maladies en maladie, de désintérêt de label en désintérêt de label, de compilation en Live et de Live en compilation les américains semblent impuissants à extraire leur destin de cet abyme d’oubli dans lequel il agonise sans cesse. Bien évidement cette lente fin est toute relative car, même si le groupe n’a pas su, n’a pas pu, n’a pas voulu, composer le moindre morceau depuis de nombreuses années, ils continuent sans cesse de trainer son art sur les scènes d’un monde entier où, il faut bien le reconnaitre, peu daignent encore lui faire un accueil suffisamment triomphale, mais ô combien méritoire, pour que le groupe puisse encore continuer sur cette route longue et sinueuse.
Dans une énième tentative de raviver un feu qui semble pratiquement éteins, Frontiers Records sort, en cette année 2009, un ixième enregistrement live du groupe philadelphien. La performance date de juillet 2005, et provient d’un concert donné au Mohegan Sun de Uncasville, dans le Connecticut, lors de la tournée où participèrent aussi
Ratt, Quiet
Riot et Firehouse. Evidement, il apparait comme très embarrassant d’évoquer l’intérêt, somme toute, relativement maigre de l’entreprise. En effet qui peut encore, même au sein des adeptes les plus fervents de Tom et de ses compères, avoir du plaisir à écouter ces titres tant et tant entendu ? D’autant plus qu’ils reflètent une réalité vieille d’il y a, déjà, quelques années et qu’après une intro passable, les langueurs d’un Night Songs poussif ne sont pas de nature à rendre notre engouement intact. D’ailleurs, quasiment l’ensemble de ces titres, essentiellement issus des deux premiers albums du groupe, Night Songs et Long Cold Winter, fermant sciemment et presque totalement les yeux sur un Heartbreak Station et un
Still Climbing, sont de nature à définitivement tuer nos infimes enthousiasmes les plus ardents. Les regrets causés par cet oubli sont d’autant plus grand que dès lors que résonne les premières notes d’un poignant Heartbreak Station, un des rares rescapés de l’album du même nom, où Tom excelle dans l’interprétation de ces émotions délicieusement communicatives, ou d’un exubérant et festif Shelter Me, autre miraculé ; la magie est instantanément présente. Et l’étincelle disparait aussitôt avec un Nobody’s Fool où malgré ce cri déchirant et ce silence qui le suit, où malgré cette doucereuse mélancolie bluesy d’une ballade au refrain, certes, réussi ; rien n’y fait. Nulle lumière ne vient éclairer un tunnel définitivement, et désespérément, obscur. Outre la sélection de ces titres à l’impasse très discutable, bien trop peu de morceaux, à l’image de Heartbreak Station, Shelter Me, Gypsy’s Road ou d’un
Still Climbing esseulé, ne viennent véritablement égayer ce constat bien morne d’un ennui monotone. Qui peut-réellement envisager redonner un souffle nouveau à un groupe avec des titres aussi écoutés, ouïes, entendus, perçus, et finalement vidés de toute substance susceptible de nous donner encore un quelconque plaisir ?
De live en compilation, de best of en enregistrement public, la route de
Cinderella semble sans fin et toute tracée.
Still Climbing ?
Pas vraiment.