Inepsys continu son petit bonhomme de chemin en proposant sa nouvelle démo, Wisdom Comes, pour cette fin d'année 2009. Leur précédente réalisation, Zone 5, était parue en 2008 et depuis, certaines choses ont changé, le chemin s'est avéré semé d'embuches. Outre le changement de bassiste qui s'est fait sans trop de problèmes, Rémy reprenant la place de Phil, c'est également au côté du chant qu'il faut voir des nouveautés. En effet, Jeff s'en est allé, laissant le micro à Jérôme qui prend le relai sans frémir un instant.
Le groupe n'a pourtant pas changé sa formule. Pas franchement, on reconnait bien là le même groupe qui avait su se montrer séduisant avec sa précédente démo. Simplement, on remarquera que
Inepsys cherche à aller plus rapidement à l'essentiel, sans passer par la case "nous faisons du progressif alors mettons une grosse dose de parties instrumentales" ; les Toulousains évitent le piège de la démonstration stérile pour se focaliser sur l'efficacité.
Toujours proche dans le style d'un
Dream Theater aux saveurs fortement métallisées, on remarque également d'autres champs d'influences, dont des parties plus obscures n'étant pas sans rappeler les Américains de
Nevermore (l'introduction subtile de
State Of Grace). Mais bien évidemment,
Inepsys s'amuse à prendre des chemins détournés, en fonction d'un break, d'un brusque changement de mélodie, une accélération ou au contraire, une décélération surprenante. L'ensemble est plutôt réussi, même si certains passages peuvent faire grincer des dents. Si l'on se penche sur
Inside Of Me, morceau de bravoure de cette démo avec ses presque neuf minutes, on est à la fois enchanté et déçu par ce que l'on entend. En effet, si les choeurs ne sont pas une mauvaise idée en soit, ils ne sont pas forcément à la hauteur des ambitions des musiciens et sonnent un peu mal, voire de façon dissonante. En revanche, quelques mesures plus loin, on tombe sur une ambiance orientale, menée à la guitare, qui est tout sauf déplaisante. La neige et le feu au sein d'un même morceau, qui après quelques correctifs, pourrait bien être une pièce maîtresse des set list d'
Inepsys.
Quant au nouveau chanteur, sa voix colle bien à l'ensemble, même s'il donne parfois l'impression de pousser un peu. Jérôme possède une voix légèrement éraillée, qui vient donner un cachet particulier, une agressivité nouvelle à l'ensemble. Il ne semble pas se poser de questions et s'impose le long de ces quatre titres plaisants.
Même si on se rapproche de la demi-heure de musique, quatre titres ne sont pas vraiment suffisant pour se faire une idée définitive de cette version de
Inepsys. Une nouvelle formule construite sur les ruines de l'ancienne, moins bavarde et plus compacte, intelligente et réjouissante. Le groupe semble de plus en plus mature et pourrait fort bien rebondir rapidement vu la qualité de cette démo, au son plutôt correct même si parfois le mixage laisse un peu à désirer. Un groupe à suivre.