Deux années séparent ce Dead Words Speak de son aîné Aeternum Vale. Deux années durant lesquelles Johan Ericson, guitariste-growleur de
Draconian, a mis de côté toutes ses compositions les plus lourdes pour les sortir sous l'égide de son projet solo Doom:VS.
On retrouve donc ce fameux Doom racé, noir et personnel, qui a su étonner dès ses premiers balbutiements avec une démo Empire of the Fallen pour le moins aboutie, suivie de ce premier opus Aeternum Vale suintant la souffrance et l'isolement. Croupissant entre déchéance et amertume, la musique de Doom:VS s'étend une nouvelle fois, élevant ainsi Dead Words Speak au rang d'album personnel et imposant.
Comme le premier coup d'œil le laisse croire, Dead Words Speak se situe dans la lignée la plus fidèle de ses prédécesseurs. Un artwork résolument sombre accompagne cette musique qui ne l'est pas moins. L'auditeur un poil averti se retrouvera donc sur un sentier qu'il a déjà pu arpenter deux années plus tôt.
Les riffs lourds, typiques du style, reprennent du service, plantant un décor plombé, limite suffocant, pendant que l'approche mélodique est une fois encore de rigueur ici. Ericson compose, décompose et articule ses parties en fonction d'un thème mélodique qui sert de fil conducteur entre les pistes. Que ce soit muni d'un clavier ("Upon the Cataract", "Leaden Winged Burden") ou par des solis accrocheurs ("The Lachrymal Sleep", "Dead Words Speak"...), le bonhomme tisse une véritable toile mélodico-dramatique qui sied à merveille au Doom de Doom:VS.
Bien que les six compositions conservent la touche personnelle du groupe, force est de constater qu'Ericson a souhaité accorder plus d'importance à son chant clair, présent sur la totalité des pistes. Là où l'exercice pourrait s'avérer risqué, le suédois s'en tire honorablement, donnant à la musique de Doom:VS une dimension plus personnelle encore, sans en faire trop.
"Half Ligt", "Threnode" ou le 'tube' "The Lachrymal Sleep" développe un côté intimiste, limite malsain (flagrant sur "Threnode" justement), noyé dans un océan de mélancolie qui ne tend qu'à se déverser dans l'inconscient de l'auditeur. L'effet est garanti, puisque la musique de Doom:VS parvient là encore à toucher au plus profond...
Une fois n'est pas coutume, Doom:VS est appuyé par une sacrée expérience studio, et c'est tout naturellement que Dead Words Speak possède une production parfaitement à la hauteur, qui n'hésite pas à rendre les guitares lourdes sans toutefois laisser de côté l'un ou l'autre des instruments.
Avec ce second album, Ericson a su faire évoluer timidement sa recette, tout en conservant une signature sonore qui lui est propre. Plus complet, plus personnel et finalement mieux construit, Dead Words Speak se distingue de ses aînés grâce à cette allure dramatique et intimiste due à l'apport du chant clair. Servi par une production sans faille, cet opus a le don de transmettre ses émotions, aussi noires et pessimistes soient-elles.
Un artwork classique vient enjoliver le tout, et c'est sans grands risques que je peux affirmer que Dead Words Speak a toutes les cartes en main pour assurer à Doom:VS un avenir des plus radieux.