Johan Ericson est un homme occupé. Occupé par la musique évidemment, que ce soit avec
Draconian ou Doom:VS, son projet solo. Si l'une ou l'autre de ces formations vous interpelle, vous saurez que vous avez à faire à une catégorie bien spécifique de Metal, le fameux Doom. Et vous saurez également que dans ce gentil royaume musical, l'allégresse n'a pas sa place, seuls les sentiments noirs, la solitude, la mélancolie et la détresse trônent en maîtres absolus...
Si avec les désormais légendaires
Draconian la musique se veut plus romantique (le chant féminin vient alléger le tout, c'est évident), il n'en est absolument rien avec Doom:VS qui, lui, se morfond dans un Doom lent, émotionnel, pas si éloigné du Funeral Doom d'un certain
Shape of Despair...
Empire of the Fallen, en premier jet sous la forme d'une démo, propose les prémices de la musique distillée par Johan Ericson, savant mélange de sentiments tous plus noirs les uns que les autres.
Le tout démarre avec "I Fade". Riffs mélodiques et expressifs, rythmique lente et oppressante et vocaux écorchés forment la base musicale de cette véritable pièce. Avec ses neuf minutes au compteur, ce titre plonge l'auditeur dans des ambiances quasi-dépressives, état dans lequel l'amertume se lie aux remords pour ne former qu'un cocon musical pessimiste.
Si le Doom dicte clairement ses codes ici, il est étonnant de voir avec quelle aisance Johan Ericson parvient à créer ses atmosphères. On sent évidemment que le bonhomme a de la bouteille en matière de composition, et c'est avec une grande maturité que s'enchaînent les pistes.
Il n'y a qu'à voir avec "Empire of the Fallen" ou "Oblivion Upon Us", deux titres flirtant avec les ambiances de
Draconian et la lourdeur de
Shape of Despair... Les mélodies sont une nouvelle fois prenantes, les growls profonds d'Ericson clouent littéralement l'auditeur, qui se verra encore baigné dans cette noirceur d'âme si attachante.
Doom:VS surprend véritablement en gardant un fil conducteur sur cette démo, qui pour le coup a tout l'air d'un véritable album... Les titres s'enchaînent, portant l'empreinte de leur compositeur, et ne se ressemblent guère, chacun exploitant une voie qui lui sera propre. Ericson a même osé ajouter quelques parties au chant clair ("Oblivion Upon Us", "Aeternus"), sans parler de ce chant féminin ("Empire of the Fallen") qui ferait passer Doom:VS pour un
Draconian déprimé!
S'il est une chose que l'on reconnaîtra à coup sûr, c'est la qualité d'écriture omniprésente ici. Les compositions prennent vraiment aux tripes, et c'est desservie par une production remarquable que cette démo se délecte, tel un met qui, à sa seule vue, parvient à creuser un appétit qu'on aimerait avoir plus souvent!
Avec quatre pièces d'un Doom intelligent et rudement bien mené, Empire of the Fallen a tout d'un départ concluant. Sans tomber dans les pièges du style (et Dieu sait s'il y en a!), Ericson a su apporter une touche personnelle à cette entité qu'est Doom:VS. Lancinantes, lourdes et très longues ("Aeternus" dépasse les douze minutes!), les compositions se succèdent, créant des atmosphères sombres et sincères, qui placent ce groupe parmi les plus imposants sur la scène Doom suédoise.
Une identité prononcée et un certain talent font de cette démo une très belle pièce de Doom qui plaira à beaucoup, ce n'est d'ailleurs pas un hasard si Firedoom Music s'est penché sur Doom:VS après cette démo...