Retour à l'accueil
Chronique
Chroniques :: Chronique de Killer

Chronique de Killer

Alice Cooper  - Killer (Album)

 9 
10

A tue et à toi...



Le Alice Cooper Band ne perd pas de temps, désireux de conforter le succès (d'estime, certes, mais I'm Eighteen reste le premier hit du Coop') de Love It To Death et enregistre Killer assez rapidement. Cette fois-ci, Bob Ezrin s'implique également dans l'écriture des morceaux et le groupe va alors prendre une autre dimension.

La pochette est d'une simplicité extrême : rouge, avec une tête de python, un animal qui a toujours fasciné Vincent Furnier et qui représente un tueur implacable de la jungle. Nous sommes en 1971 et le schock rock va prendre un tournant décisif avec ce disque. En effet, pour l'époque, difficile de faire plus malsain. Alice Cooper se complait à dépasser les bornes sans aucune retenue, distillant son venin sans parcimonie, à travers une musique très ouverte, qui dépasse de loin le cadre du hard rock basique de l'époque. La voix de Furnier y est pour beaucoup, bien sûr, capable de passer du mélodieux à quelque chose de très éraillé, profondément sale, une façon très théâtrale de s'illustrer derrière le micro qui fera également la renommée du groupe. Musicalement, il ne faut pas grand chose pour créer un climat d'angoisse, où l'on ne sait pas à quelle sauce on va être mangé.

Oscillant volontiers entre un rock dur et des morceaux plus légers, voire ambitieux dans leur construction (il n'est pas si étonnant que cela de penser à King Crimson en écoutant Halo Of Flies), Killer est un disque court, compact, mais qui marque les esprits. Il suffit de se pencher sur le cas de Dead Babies, glauque au possible, qui se présente comme une ballade avant de monter en puissance sur un refrain sans élégance, qui vient juste appuyer là où ça fait mal. Un morceau particulier, qui a failli disparaitre du pressage original pour ce qu'il évoquait. Depuis, il est devenu un des classiques du groupe. Comme quoi...

On se laisse aspirer par ce déluge de rock'n'roll froid et insidieux, qui prend diverses formes, qui se fait caméléon pour mieux nous surprendre. Difficile de trouver la logique entre Under My Wheels, trépidant et gorgé d'humour noir et par exemple Desperado, composé en hommage à Jim Morrison, décédé plus tôt dans l'année, qui se présente comme une ballade aux ambiances texanes, où la guitare se réveille de façon exquise sur le refrain, encore une fois. Difficile de jauger à la fois l'amusante Be My Lover et l'une des pièces maîtresse de ce disque qu'est le title track. Rien n'est pareil, chaque morceau a une vie qui lui est propre, même si l'on retrouve la marque de Alice Cooper sur chaque composition. Des ambiances, des harmonies particulières qui, mariées à la voix d'Alice, prennent une dimension grand guignolesque irrésistible, noire, sales. C'est malsain, c'est presque britannique dans la manière où l'humour relatif au combo est amené. Il suffit de jeter un coup d'oeil aux pages centrales du livret pour se faire une idée de l'état d'esprit qui animait la formation à l'époque.

Sans les dégénérescents Hallo Of Flies et Killer, baroques, décadents et surtout, très travaillés, ce disque aurait-il eu la même saveur ? Certainement pas, même s'il aurait été dans le haut du panier des sorties rock/hard rock de l'époque. Ces deux titres contribuent à faire passer cet album au rang de classique du genre et leur construction permet au groupe de peaufiner leur jeu de scène. Le Grand Guignol. Le schock rock dans toute sa splendeur, à une époque où ce genre musical était fédérateur. Alice Cooper se pose comme le vilain petit canard, vicieux et morbide, mais indéniablement génial.

Bien sûr, le poids des années a laissé des traces, entre les cuivres qui sonnent datés, les mélodies qui trahissent forcément le début des années 70 et en même temps, il reste intemporel dans son genre, un disque qui fut un OVNI avant de devenir un classique indéboulonnable du genre. Ensuite, une question reste ouverte et ne connaîtra jamais de réponse, très certainement : comment Kiss a-t-il fait pour avoir du succès alors qu'aucun de leur album n'arrive à avoir cette diversité et surtout, cet aura ?



Chroniquer cet album

Avis des chroniqueurs :
 



Chronique précédente

Tout

Chronique suivante


Commentaires


Belle chro Elric. note méritée...mais avec le Alice de cette période je suis pas très objective ! Et je confirme le morceau Halo of Flies. : un pur chef d'oeuvre. Killer et Dead Babies : des tueries.
sam. 10 juil. 10- 22:13  


Killer - Infos

Voir la discographie de Alice Cooper
Infos de Killer
acheter sur Amazon
Sortie : novembre 1971
Genre : Hard Rock
Playlist :
voir paroles : Voir les paroles
1. Under my Wheels (2:50)à écouter en premierparoles de Under my Wheels
2. Be My Lover (3:15)à écouter en premierparoles de Be My Lover
3. Halo Of Flies (8:21)culte !culte !paroles de Halo Of Flies
4. Desperado (3.25)culte !culte !paroles de Desperado
5. You Drive Me Nervous (2:24)paroles de You Drive Me Nervous
6. Yeah! Yeah! Yeah! (3:33)paroles de Yeah! Yeah! Yeah!
7. Dead Babies (5:40)culte !culte !paroles de Dead Babies
8. Killer (7:07)à écouter en premierparoles de Killer
écouter : Ecouter l'album



Alice Cooper

Alice Cooper
Alice Cooper
Voir la page du groupe
Création : 1964
Genre : Hard Rock
Origine : États-Unis

Rapports de concerts:



Groupes en rapport


Albums chroniqués :
Chronique de Black Ice
Black Ice
2008

Chronique de Black Ice
Black Ice
2008

Chronique de Ballbreaker
Ballbreaker
1995

Chronique de Ballbreaker
Ballbreaker
1995

AC/DC
AC/DC
Voir la page du groupe
Création : 1973
Genre : Hard Rock
Origine : Australie


Albums chroniqués :
Chronique de Babez for Breakfast
Babez for Breakfast
2010

Lordi
Lordi
Voir la page du groupe
Création : 1991
Genre : Hard Rock
Origine : Finlande

Rapports de concerts:

Albums chroniqués :
Chronique de Aftershock
Aftershock
2013

Chronique de Kiss Of Death
Kiss Of Death
2006

Chronique de Inferno
Inferno
2004

Chronique de Overnight Sensation
Overnight Sensation
1996

Motörhead
Motörhead
Voir la page du groupe
Création : 1975
Genre : Hard Rock
Origine : Royaume-Uni

Rapports de concerts:

Albums chroniqués :
Chronique de Savage Amusement
Savage Amusement
1988

Chronique de Blackout
Blackout
1982

Chronique de Animal Magnetism
Animal Magnetism
1980

Chronique de Lovedrive
Lovedrive
1979

Scorpions
Scorpions
Voir la page du groupe
Création : 1971
Genre : Hard Rock
Origine : Allemagne

Rapports de concerts:

Aerosmith
Aerosmith
Voir la page du groupe
Création : 1970
Genre : Hard Rock
Origine : États-Unis

Rapports de concerts:

Airbourne
Airbourne
Voir la page du groupe
Création : 2001
Genre : Hard Rock
Origine : Australie

Rapports de concerts:

Albums chroniqués :
Chronique de Monster
Monster
2012

Chronique de Sonic Boom
Sonic Boom
2009

Chronique de Sonic Boom
Sonic Boom
2009

Chronique de Revenge
Revenge
1992

Kiss
Kiss
Voir la page du groupe
Création : 1973
Genre : Hard Rock
Origine : États-Unis

Rapports de concerts: