Comalies peut être considéré comme l'album charnière de la carrière de
Lacuna Coil. Car après s'être illustré dans un Gothique Metal proche de
Paradise Lost avec ses deux premiers opus, le combo italien s'engouffre dans une voie légèrement plus différente, témoignant par la même occasion qu'on tient là une formation qui aime marquer ses évolutions.
Comalies parait donc un an et demi après un
Unleashed Memories plutôt sympathique, toujours soutenu par le célèbre label Century Media Records.
Ne tournons pas autour du pot et penchons-nous sur les nouveautés qu'apportent ce Comalies.
Lacuna Coil se détache lentement de son Gothique Metal d'origine vers une mixture plus accessible encore, et surtout moins tragique qu'In a Reverie. Finies les atmosphères si profondes qui faisaient fureur jadis, place à une efficacité maximale qui, reconnaissons-le, n'a jamais aussi bien marché ("Heaven's a Lie").
Comalies présente donc un paquet de morceaux au potentiel accrocheur plus qu'évident, doté de refrains qui font mouche et d'arrangements simples et directs. Autant dire que ça fonctionne à plein régime, surtout que les italiens semblent avoir des prédispositions dans le domaine, et ce depuis longtemps déjà (on se souvient tous de "Circle" ou de "My Wings"...).
Ce revirement stylistique toutefois même facile à digérer:
Lacuna Coil n'hésite pas à faire quelques clins d’œil à ses débuts ("Daylight Dancer" ou "Unspoken"), notamment en plaçant des riffs aux ambiances plus présentes, le tout appuyé par un clavier soutenu. De même, le chant de Cristina, s'il gagne en assurance, reste assez proche des précédents travaux du groupe. En revanche, Andrea semble lui tenir un rôle de plus en plus anecdotique: le voici en retrait, assurant un rôle de soutien à sa partenaire (hormis avec "The Prophet Said"...). Le gaillard délaisse de plus en plus ses hurlements au profit d'un chant plus conventionnel (sans être forcément mauvais)...
La multitude d'arrangements qu'affichent les compositions de Comalies attestent d'un travail remarquable sur les samples ("Heaven's a Lie" encore), arrangements qui ne sont pas étrangers à l'aspect accrocheur qui émane de cet opus. Et pour le coup, on peut dire que les italiens ont mis le paquet ("Humane", le faussement Rammsteinien "Tight Rope" ou "Angel's Punishment"), tant le tout semble travaillé pour avoir un maximum d'impact sur l'auditeur.
Paradoxalement, cette force qu'avance
Lacuna Coil s'avère être aussi sa faiblesse. En simplifiant son propos de manière draconienne, le groupe prend le risque de noyer son public dans un flot surchargé de mélodies accrocheuses. En d'autres termes, Comalies est loin d'être un album difficile d'accès, et c'est bien ça qui le rend moins attrayant sur le long terme, ce qui n'était pas le cas d'In a Reverie avec ses ambiances...
Au final,
Lacuna Coil nous pond-là un album vraiment accrocheur, ultra-mélodique et trèèès accessible. L'évolution que marque Comalies risque bien de déstabiliser les fans de la première heure, qui voient leur groupe fétiche perdre peu à peu ses émotions en se concentrant sur l'impact à l'instant T. Pour les autres, les morceaux comme "Heaven's a Lie", "Self Deception" et "Humane" offrent un jeu percutant et laissent peu de chances de s'en tirer, le tout servi par une production dantesque. Les structures sont simples mais l'efficacité semble dicter chacune des notes.
Quoiqu'il en soit, saluons l'effort de
Lacuna Coil, qui aurait très bien pu faire du surplace après deux opus salués par la critique...