Après avoir mis le public Gothique dans sa poche avec un In a Reverie convaincant,
Lacuna Coil a montré qu'il était bien décidé à se forger un nom dans la scène Metal européenne. Un EP plus tard, revoici les italiens avec
Unleashed Memories, second album qui se doit de concrétiser les espoirs placés en eux deux ans auparavant.
Et pour ça,
Lacuna Coil s'arme d'une seconde guitare et entreprend quelques légères évolutions...
La première concerne le travail des ambiances. En effet,
Unleashed Memories délaisse quelque peu les sonorités typiquement
Paradise Lost qui peuplaient In a Reverie. Les compositions sont donc un poil moins mélancoliques (sauf peut-être "When a Dead Man Walks") et plus directes. Ceci étant, les atmosphères restent présentes ("Purify"...), mais sont traduites de manière différente, notamment grâce aux claviers (comment ne pas citer "Cold Heritage"?).
De même, cet album nous montre une double-facette vocale plus travaillée, ce qui n'était pas forcément le cas sur son prédécesseur, notamment avec une Cristina plus en voix, alors qu'Andrea lui se fait un poil plus discret, mais varie ses vocaux, passant du hurlé au chant clair avec plus ou moins de réussite.
D'un point de vue strictement musical,
Lacuna Coil a gagné en homogénéité ("Distant Sun" et "A Current Obsession"), rendant son deuxième effort bien plus dense qu'In a Reverie. Là encore, l'effort est louable et donne à
Unleashed Memories une allure plus imposante. Ce constat est plutôt insolite, car les structures n'ont pas vraiment changé depuis deux ans, on est toujours dans une musique accrocheuse qui n'a pas peur d'user et d'abuser d'une ossature commune à chacun de ses titres...
En cela, on peut y voir l'un des principaux défauts de la bête:
Lacuna Coil n'est pas vraiment le genre de groupe qui prend des risques de ce côté-là... Par contre, petit clin d’œil à "Senzafine", sur lequel les deux chanteurs nous délivrent leurs paroles en italien... Le résultat est plutôt appréciable, disons que ça change quelque chose, et pas forcément dans le mauvais sens...
Dernière évolution notable,
Lacuna Coil a opté pour un son plus puissant, certes un peu conventionnel, mais ô combien efficace. Il n'y a pas à dire, une telle production met parfaitement en valeur l'apport d'un second guitariste, et donne aux compositions un cachet particulièrement appréciable...
Comme pour In a Reverie,
Unleashed Memories n'est pas encore l'album ultime. On a vu plus haut quelques petits détails à revoir, mais le plus important à mon sens a un rapport avec la durée de l'opus. Affichant 70 minutes et 15 titres au compteur, il n'est pas impossible de se lasser passé un certain temps. "Hyperfast" et "Stars" n'ont pas grand chose à ajouter après ce qui a été dit jusque-là;
Unleashed Memories aurait certainement gagné en impact s'il avait été plus court...
Après un premier album de la trempe d'In a Reverie, les italiens avaient un sacré défi, qu'ils ont relevé à moitié. A moitié oui, car
Unleashed Memories est loin d'être un mauvais album, mais il n'apporte finalement pas grand chose à
Lacuna Coil. Et pour cause, les évolutions ne sont certainement pas des révolutions... Ceci dit, le groupe nous pond une nouvelle collection de morceaux sympas ("To Live is to Hide", "When a Dead Man Walks", "Purify" ou "Distant Sun"), sublimés par une Cristina convaincante.
Mais comme nous le savons aujourd'hui,
Lacuna Coil ne tardera pas à apporter de nouvelles pierres à son édifice..