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Chronique de Unarmed

Helloween  - Unarmed (Compilation/Best of)

Best of utile : rare !



Les musiciens d'Helloween semblent avoir du mal à assumer leur âge. En effet, ils préfèrent fêter les vingt-cinq ans de leur première apparition sur vinyle (alors sur la compilation concoctée par Noise : Death Metal) plutôt que les origines lointaines du groupe, à l'époque où Kai Hansen et Piet Sielck martyrisaient leurs guitares... Mais inutile de tergiverser sur les dates, finalement, ça n'intéresse que les historiens du genre qui pourront se la péter lors de soirées mondaines devant un public qui n'en a rien à carrer d'Helloween.

Bref, vingt-cinq ans, quelle que soit la provenance, ça se fête. Et les musiciens ont choisi sur le papier ce qui peut passer pour la pire des options possibles : un best-of. Après un Treasure Chest paru à l'aube des années 2000 et qui ressemblait vaguement à un foutage de gueule pour le fan, l'annonce le fait moyen. Et c'est la mort dans l'âme qu'on se résigne à faire pleurer le portefeuille pour un autre produit quelconque de son groupe fétiche. Sauf que le groupe s'empresse de dire qu'il s'agit d'un disque pour dire merci aux fans, que ce n'est pas qu'un simple best-of, que les morceaux sont entièrement réenregistrés. Là encore, certains esprits chagrins diront que Gamma Ray a déjà fait ça avec son Blast From The Past et que Helloween, décidément, essaye à tout prix de se vautrer.

Et pourtant, les Citrouilles vont assez loin dans leur délire en proposant des morceaux qui s'éloignent clairement des rivages du heavy metal et du speed mélodique qui les caractérisent en s'offrant des délires acoustiques, symphoniques ou jazzy, loin des versions originales, sans pour autant renier les lignes mélodiques. Le fan reconnaîtra chaque morceau, malgré les structures modifiées, les soli déstructurés et repensés.

Ainsi, on peut passer d'un style très "big band" avec un Dr Stein mené par un saxophone déchaîné, qui fait ressortir le côté fun de la chanson, avant de se laisser entraîner par des ambiances hispanisantes sur If I Could Fly et d'être complètement surpris par la transformation du virulent Where The Rain Grows en douce ballade acoustique. Mais Helloween, toujours guidé dans sa quête de son par Charlie Bauerfeind, met également les petits plats dans les grands sur Keeper's Trilogy, reprenant les moments forts des trois pièces de bravoure des Keeper Of The Seven Keys, gonflés par les soixante-dix musiciens du Prague Symphonic Orchestra pour un rendu épique et héroïque à souhait, avec des cuivres puissants qui ne sont pas sans rappeler les passions de Rhapsody Of Fire. Frissons garantis.

Malgré toute la bonne volonté du groupe, on passe parfois par des moments plus faibles. Ainsi, comparer les versions présentées ici de I Want Out avec ses choeurs d'enfants utilisés à bon escient malgré un côté cliché, avec la mollesse paresseuse de Eagle Fly Free fait de la peine. Un morceau intéressant d'un côté, aux contours étrangement malsains, un petit chef-d'oeuvre massacré de l'autre... Bien sûr, on reste loin de l'approche d'un Chameleon, la maîtrise est ici bien plus concrète. Après tout, Andi Deris est un habitué du genre acoustique grâce à ses albums solo ou Pink Cream 69, son ancien combo...

Bien sûr, cet album va diviser. Pour certains, l'intérêt de telles versions semblera bien faible. En effet, on ne peut pas contester ce point de vue tout à fait valide. Mais ce best-of s'adresse avant tout aux fans, aux irréductibles qui suivent Helloween depuis des années et qui se voient ici récompensés d'une façon, pour un groupe tel que celui-ci, très originale. S'il prend à quelqu'un l'idée de chercher à découvrir Helloween par le biais de cette compilation, la surprise risque d'être de taille, comme l'incompréhension. Tels des funambules, Michael Weikath et les siens avancent sur une corde tendue, sans filet pour les rattraper, sans savoir qu'ils sont peut-être au bord d'un fiasco.

Le fan en aura pour son argent : belle pochette, contenu inédit et rafraichissant, un best-of mûrement réfléchi et qui sort malgré de gros risques. En même temps, on se retrouve avec une réponse d'Helloween intéressante au disque de reprises acoustiques de Michael Kiske (Past In Different Ways), ancien chanteur de la formation teutonne et quelque peu décevant. Bref, un peu de finesse et d'humour dans un monde de grosses brutes et une initiative sympathique pour les fans. Les autres peuvent passer leur chemin et s'attarder du coup sur un album récent pour se faire une idée des capacités des Citrouilles.



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Commentaires


Voir les 1 commentaires précédents
alors parie manque un " t ", fan un " s " et bel prend un " l " et un " e " aussi....
mar. 29 déc. 09- 12:35  
Merci.

En fait, j'avais accroché à l'arrivée de Andi Deris en 1994 (je connaissais toute la discographie passée, bien sûr) et j'ai toujours suivi la carrière du groupe, c'est pour ça que je prédis également un fiasco pour ce best of très honnête, mais étrangement déstabilisant. J'ai accroché à l'initiative, c'est une note coup de coeur en fait.

mar. 29 déc. 09- 23:45  
tiens tiens tiens,intéressant cette chro...vais voir ça
jeu. 21 janv. 10- 01:43  


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