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Chroniques :: Chronique de Todeswunsch - Sous le Soleil de Saturne

Chronique de Todeswunsch - Sous le Soleil de Saturne

Sopor Aeternus & The Ensemble of Shadows  - Todeswunsch - Sous le Soleil de Saturne (Album)

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Le soleil de Saturne

Cet article n'a pas été écrit par un membre de l'équipe officielle de Metalship, et n'engage donc que son auteur, pas la rédaction du webzine.


En 1994, était paru chez Apocalyptic Vision un album au son assez dégueulasse, il faut bien le dire, mais qui avait révolutionné le petit monde du darkwave. C’était la première fois que parvenait au public les gémissements d’outre-tombe de l’étrange créature hermaphrodite qui a pour nom Anna Varney Cantodea, et il y eut probablement beaucoup de gens pour qui le choc fut assez rude, tant ce premier album était sombre, tant l’atmosphère en était comparable à un nuage d’une fumée noirâtre et poisseuse, s’insinuant dans les moindres recoins de l’encéphale !


Un an plus tard, vint un deuxième album au titre énigmatique. Todeswunch : souhait de mort… Sous le soleil de Saturne ? Saturne, le dieu du temps de la mythologie romaine, n’est nullement une divinité solaire. En revanche, c’est l’une des planètes visible de la Terre à l’œil nu, peut-être faut-il donc y voir une quelconque signification astrologique. Plus subtile, une allusion au dieu émasculateur (dans la mythologie Saturne châtre son père, Uranos, puis et lui-même châtré par son fils, Jupiter) : le musicien se présentant lui-même comme un être asexué (« un homme né pour être femme et actuellement asexué », dit-il dans une interview), s’est choisie une divinité asexuée et vit « sous son soleil »( c'est-à-dire sous son emprise), et non sous celle du véritable dieu du soleil, Apollon (divinité hypersexuée si il en est). Pourquoi en français, ça par contre c’est une énigme...

Une bien longue digression pour un simple titre… Décidément rien n’est simple avec Sopor Aeternus !

En lui-même, l’album s’avérait totalement différent de son prédécesseur. L’ambiance surtout, avait totalement changé. : beaucoup moins sombre, et surtout d’une beauté et d’une élégance que l’on chercherait vainement sur Ich Tote mich Jedemsal Aufs Neue.
La base reste la même : musique médiévale, chant masculin claire, chant éraillé de la « diva ». Cependant, l’accent est nettement mis sur l’ambiance médiévale, non plus sur le murmure éraillée et ses sombres désespoirs. Une plus grande diversité d’instruments également (et de meilleur qualité semble-t-il), rendu possible par le succès du premier opus ; des flûtes notamment, très présentes. Et oui les sous ça compte ; mais d’ailleurs peut-être était ce en partie cela qui donnait une atmosphère si sombre au premier album : la qualité détestables de l’enregistrement, et des instruments que l’on y entendait !

Certains titres - Shadowsphere et Saturn Impressionen notamment - sont de véritables chefs d’œuvres de musique médiévale-renaissance, parfois d’une étrange gaité champêtre, comme le petit air de flûte et de tambourin du Théatre de la blessure sacrée. Mais globalement, les chansons sont habitées de cet étrange onirique qui ne quittera plus Sopor Aeternus : une atmosphère feutrée, sombre et douce, portée par des voix masculines lointaines chantant rêveusement au sujet d’étranges douleurs…
Une nouveauté également, du chant féminin, présent sur de nombreux titres. La technique de chant est assez curieuse, s’inspire apparemment de la musique de la renaissance. En comparaison, la voix d’Anna Varney n’en parait que plus atroce, une parodie de féminité à la limite de la monstruosité…

D’ailleurs, ce chant là aussi a changé. Toujours la même voix, éraillé jusqu’à la limite de l’impossible, mais elle a perdu cet accent de désespoir intégrale ; elle semble même parfois d’une étrange et sordide gaité… Sur Soror Sui Excidium notamment, où on a par instant l’impression d’écouter une atroce parodie de pop.


Globalement, on peut donc dire que cet album est beaucoup plus facile à appréhender que la première production d’Anna Varney. On saura gouter la beauté de la musique médiévale, et peut –être même se laissera- t-on envouter par l’étrange voix brisée de la « cantatrice »…

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par Ouraz, le 12 novembre 2010
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Todeswunsch - Sous le Soleil de Saturne - Infos

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Infos de Todeswunsch - Sous le Soleil de Saturne

Sortie : 1995
Genre : Gothique Metal
Playlist :
voir paroles : Voir les paroles
1. Flesh Crucifixparoles de Flesh Crucifix
2. Die Bruderschaft des Schmerzesparoles de Die Bruderschaft des Schmerzes
3. Shadowsphere I & IIparoles de Shadowsphere I & II
4. Saltatio Crudelitatisparoles de Saltatio Crudelitatis
5. Just a Song Without a Nameparoles de Just a Song Without a Name
6. Soror (Sister of Self-destruction)paroles de Soror (Sister of Self-destruction)
7. Le Théâtre de la Blessure Sacréeparoles de Le Théâtre de la Blessure Sacrée
8. The Devil's Instrumentparoles de The Devil's Instrument
9. Todeswunschparoles de Todeswunsch
10. Drama der Geschlechtslosigkeit Ilistenparoles de Drama der Geschlechtslosigkeit I
11. Freitod-phantasienparoles de Freitod-phantasien
12. Drama der Geschlechtslosigkeit IIparoles de Drama der Geschlechtslosigkeit II
13. Saturn-impressionenparoles de Saturn-impressionen
14. Somnambulist's Secret Bardo-lifeparoles de Somnambulist's Secret Bardo-life
15. Not Dead But Dyingparoles de Not Dead But Dying
16. Only the Dead In the Mistparoles de Only the Dead In the Mist
17. This Profane Finalityparoles de This Profane Finality
18. Cage Within a Cageparoles de Cage Within a Cage
écouter : Ecouter l'album

Sopor Aeternus & The Ensemble of Shadows




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Création : 1989
Genre : Autre
Origine : Allemagne