Après deux albums catastrophiques, il est normal d’aborder avec appréhension ce
Trinity, comme son nom l’indique le troisième de
Vision of Atlantis. Il serait même très tentant d’arguer de la platitude de ses deux prédécesseur pour fourrer d’emblée celui la dans le même sac, mais on serait en tort. Car à la surprise générale, c’est une très bonne performance que nos autrichiens ont ici réalisés !
Incroyable mais vrai, les compositions ont perdus leur insupportable mollesse : le tempo s’est fait rapides, les riffs ont gagnés en puissance, les guitares en technicité et en agressivité ; bref on croirait être face à un autre groupe ! Et de fait, depuis
Eternal Endless Infinity, il ne reste plus grand-chose du line up de départ. En fait, il ne reste que le batteur.
Les progrès des guitares s’avèrent spectaculaire, et pour cause : c’est nul autre qu’Empuu Vuorinen qui officie sur The Poem !
Le chant masculin reste assuré par Mario Plank. Lui aussi a fait quelques progrès, sa technique s’est nettement rapproché du power metal à la
Dragon Force. On ne peut lui reprocher sa performance, tout à fait honnête ; en revanche ce genre de voix se marie médiocrement avec un metal symphonique se réclamant d’
Epica. Intéressant certes, d’autant qu’il affiche une bonne complémentarité avec le chant féminin ; mais il ne parvient pas complètement à l’équilibrer. Face à une technique classique, la sienne s’avère nettement inférieure et souffre de la comparaison. Une fois de plus, le chant masculin s’avère le point faible du groupe.
Le chant féminin a, lui aussi, subi un changement de line up, Nicole Bogner ayant été remplacée par Melissa Ferlaak. Toutes deux ont des voies et des techniques relativement proches, et la substitution passe en grande partie inaperçue.
Pour autant, on ne peut dire que les compositions fassent preuves d’une imagination débordante ; elles sont joli et agréables à écouter, voila tout. Du moins font-elles preuves de vivacité et sont-elles correctement exécutées.
Incontestablement, l’album représente un tournant pour le groupe, qui parvient à se hisser pas trop loin du peloton de tête. Grosso modo, on est au niveau de départ d’
Epica, voir un peu en dessous. Il y a encore de la marge pour progresser, évoluer et se diversifier ; avec pourquoi pas l’utilisation de chœurs, de guest…