Le Metal français est en grande forme. C'est une certitude, et les nombreuses formations du pays qui parviennent à s'exporter ne font que confirmer cette constatation. Mais au-delà de nos poids-lourds nationaux que sont les
Gojira,
Dagoba et autres
Gorod, l'underground français regorge de combos de qualité qui ne demandent qu'à exploser aux yeux de tous.
Akuma est incontestablement de ceux-là.
Officiant dans un mélange de death-mélodique et de thrash-death teinté d'éléments indus', ces parisiens sortent en cette fin d'année leur premier EP
Under A Killing Moon après seulement deux années d'existence.
Du lourd, de l'énergique, mais du maîtrisé, c'en est certifié.
L'EP démarre avec une intro sombre et inquiétante, présageant certainement quelque chose d'énorme (merci les sirènes d'alarme!). Et c'est ce qui arrive avec "Perpetual Improvement" qui déboule à 200 à l'heure, vent dans le dos, pour quatre bonnes minutes de Metal moderne, mélodique et surtout puissant. Les grattes balancent des riffs bétons, puis accrocheurs sur un refrain qui ne l'est pas moins. On retrouve sur ce morceau l'inspiration suédoise des
In Flames et
Soilwork, pour ce qui est de l'approche mélodique.
Akuma parvient à apporter une fraîcheur nécessaire dans son contexte rythmique, bien plus proche de formations américaines à la
Lamb Of God (logiquement cités en influence par le groupe lui-même). Il faut dire que le batteur d'
Akuma n'est autre qu'Aurel, actuel frappeur de
Zuul FX...
Premier morceau résolument tourné vers la grande école suédoise, tout comme "Scars And Poetry", qui en profite pour présenter à l'auditeur ses samples majestueux (présents également sur "Under A Killing Moon"), tout en ralentissant légèrement le rythme. Moins péchu, mais toujours aussi massif, ce titre montre qu'
Akuma n'est pas seulement là pour envoyer le boulet sans raison.
Mais là où les français prouvent qu'ils ne sont pas qu'une maigre repompe des combos précités, c'est dans la diversité de ses sonorités. A l'instar des morceaux suivants, lorgnant vers un Death plus technique avec ses leads vertigineux ("Under A Killing Moon") ou un Metal moderne et empreint d'un groove évident ("Maximum Overkill"),
Akuma se plaît à brasser toutes ses influences, pour un rendu finalement assez original et personnel. Contre toute attente, le death-mélodique de ces français devient imprévisible et à le mérite de surprendre l'auditeur en misant sur la variété des sonorités, sans omettre la puissance de son jeu et de ses mélodies accrocheuses.
Enregistré au TFStudio et masterisé par Jean-Pierre Bouquet (
Lofofora...), cet opus bénéficie d'un son surprenant pour une auto-production. Chaque instrument est parfaitement présent, et la puissance des compositions est en grande partie audible grâce à la qualité de l'enregistrement.
L'atout principal de
Under A Killing Moon reste incontestablement la puissance et le professionnalisme dont le groupe fait preuve. Et pour une formation si jeune, c'est plutôt rare. Variant ses sonorités, cet EP parvient également à donner une approche peut-être plus personnelle du death-mélodique d'
Akuma, même si les influences du groupe se font tout de même ressentir, tant dans l'élaboration de mélodies accrocheuses que dans l'usage de breaks prévisibles mais toujours aussi bons. Mais il faut rappeler que
Under A Killing Moon n'est que la première réalisation d'
Akuma...
Et quand on voit avec quel soin ces français se lancent dans le bain, on ne peut que leur souhaiter le meilleur, ce serait mérité.