Cet article n'a pas été écrit par un membre de l'équipe officielle de Metalship, et n'engage donc que son auteur, pas la rédaction du webzine.
Swashbuckle est un groupe de pirates. Peut-être inspirés par le fameux Jack Sparrow joué par Johnny Depp dans la trilogie Pirates des Caraïbes (à moins que ce ne soit plutôt le rôle d’Evan Stone dans Pirates, Stagnetti's revenge qui ait déclenché leur vocation), les musiciens vivent leur trip à fond : ils s’habillent comme des pirates, parlent comme des pirates et bien entendu écrivent des chansons qui parlent de… ben oui, de pirates.
Derrière ces fadas vainqueurs d’un concours organisé sur Internet par Nuclear Blast qui leur a permis de signer un contrat avec le puissant label allemand (concours qui avait permis l’éclosion de
Sonic Syndicate quelques années auparavant) se cache en fait un groupe originaire du New Jersey. Ron «Bumblefoot» Thal de Guns N’ Roses les a découverts et pris sous son aile, au point de les embaucher comme musiciens live de son groupe solo. C’est donc logiquement qu’il signe la production de ce disque et apparaît en guest sur un titre. Cependant au niveau du style musical on est loin des expérimentations de Bumblefoot ou du classic hard rock des Guns. Car
Swashbuckle est un groupe de… thrash. Et un vrai de vrai en plus, un pur combo dans la lignée du revival thrash US de la Bay Area même s’ils viennent de la côte Est !
Après une courte intro instrumentale métallique l’album commence par deux torpilles de thrash bourrin et très rapide qui évoquent plusieurs grands noms de la vallée de San Francisco,
Exodus en tête. Les tempi furieux sont au rendez vous, les riffs agressifs et le chant rocailleux également. On s’y croirait ! Le combo aligne les morceaux très courts et très respectueux de ce cahier des charges tout au long de son opus, évoquant parfois également
Slayer ("Whirlpit", "IT CAME FROM THE DEEP !") ou les délires de SOD sur certains titres ultra rapides qui n’excèdent même pas la minute ("We Sunk Our Battleship", "Attack"). De rares morceaux se démarquent, comme par exemple "Rounds of Rum" dont l’aspect plus rock fait plaisir, ou encore "Cruise Ship Terror". Ce dernier, plus construit et cohérent que le reste de l’album se démarque notamment par son bon refrain renforcé par des chœurs plutôt débiles mais assez jouissifs. Du metal fun sans aucune prise de tête.
Mais l’originalité du groupe provient surtout de son concept, véritablement exploité à fond. La piraterie n’est pas qu’un prétexte pour la pochette et les tenues des musiciens. Elle a aussi une influence strictement musicale.
Back To The Noose est ainsi entrecoupé d’interludes réguliers qui séparent des séries de deux ou trois titres thrash, permettant ainsi à l’album de respirer et évitant l’ennui que pourrait engendrer une déferlante de bourrinage non stop. Le groupe nous propose ainsi des petits instrumentaux acoustiques influencés par la musique caribéenne comme le joyeux "Cloudy With a Chance Of Piracy", "Carnivale Boat Ride", "La Leyenda" ou encore "The Tradewinds". D’autres interludes sont constitués de dialogues et de bruitages souvent assez comiques comme "Rime of the
Haggard Mariner" (les pirates attaquent !), bel hommage à
Iron Maiden dans le titre, soit dit en passant, ou encore "All Seemed Fine Until". "Shipwrecked" combine les deux approches et semble être une conclusion parfaite à l’album, bien qu’un dernier titre le suive un peu comme un cheveu sur la soupe.
L’auditeur passe donc un bon moment avec ce
Back To The Noose qui ne se prend pas au sérieux une seule seconde. Le thrash US du groupe fait du bien par où il passe, et même s’il se contente d’appliquer de vieilles recettes, il le fait dans un esprit festif propice à l’ouverture de bières entre potes autour d’un barbecue. Les interludes acoustiques Caribéens ajoutent à la fois un peu de légèreté musicale et une certaine profondeur au concept. Rien d’exceptionnel, mais Jack Sparrow va aimer. Evan Stone aussi.