Le all-star band, bien avant de développer un Death Metal plus propre et construit, avait commencé avec un EP, sorti en 2000 et intitulé Breeding Death, nom chic pour une pochette chic et des titres chics eux aussi. La bête est connue pour avoir permis au groupe de recevoir dès le début de l'intérêt de la part des fans de Death suédois. C'est aussi l'une des deux seules pièces de
Bloodbath à être écrites par le line-up originel,qui comptait encore le légendaire Dan Swano (
Edge of Sanity).
Le son est crado, ce que le groupe ne réitérera jamais par la suite, privilégiant la grosse prod' bien proprette. Ici, c'est malsain, il faut l'avouer, « Furnace Funeral » est bon et son break est bienvenu. La voix de Akerfeldt est très peu reconnaissable lorsque l'on connait
Opeth. Il semble se donner entièrement à son grawl bien groovy et qui sonne d'enfer. Dans l'ensemble, le groupe est bon bien sûr, ce sera une de ses marques pour le futur: la technicité et l'exécution. Au-delà de ces paramètres ancestraux, il faut voir en ce Breeding Death non pas un EP développé ou abouti, mais une version test de ce que deviendra
Bloodbath, même si ils évolueront à la vitesse de la lumière, laissant derrière eux ce premier essai comme une curiosité et non comme un essai majeur du groupe. Car Breeding Death n'est pas un EP mythique, faudrait pas pousser le truc: c'est un essai moyen et même si « Ominous Bloodvomit » possède un couplet plutôt entrainant et que « Breeding Death » est sans concession, le tout est plutôt sans aucune imagination, contrairement à la suite de leur carrière.
Ce qui est amusant lorsque l'on retourne en arrière dans la discographie d'une formation, c'est de voir tous les changements qui ont pu intervenir par la suite, ainsi qu'un certain recul sur les avis de l'époque. Car 2000, mine de rien, c'est loin, 10 ans dans le passé. Et le constat prend de l'ampleur dès les premières minutes de ce Breeding Death: comment
Bloodbath a t'il pu recevoir tant d'éloges? Il ne faut pas se voiler la face: Breeding Death est sans imagination et son intérêt est très limité. Qu'il soit original n'est pas l'important car le souhait d'Akerfeldt et de la bande était avant tout de jouer du old-school à l'état pur. A mi-chemin entre du
Entombed ou
Morbid Angel qui se serait bien sûr plongé dans un bain de sang suédois pour l'aspect mélodique. Si Breeding Death est efficace et si les trois titres ne sont pas mauvais, il y a un truc qui prête à se demander « Why? » et en même temps « Ouf! » car le succès de cet EP chez les amateurs donnera l'occasion au groupe de continuer sur sa lancée.