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Chroniques :: Chronique de Powerslave

Chronique de Powerslave

Iron Maiden  - Powerslave (Album)

 9 
10

Esclaves de la réussite



Après un Piece Of Mind qui sonnait la pré-retraite pour le groupe phare de la New Wave Of British Heavy Metal, quand une majorité des groupes issus de cette vague avaient déjà rendu les armes, Iron Maiden revient un an plus tard avec ce Powerslave à la pochette magnifique, emprunte d'une grandeur que l'on associera toujours à l'Egypte pharaonique. Une jaquette grandiose, donc, mais pour laquelle l'illustrateur Derek Riggs s'est grandement amusé, comme en témoigne les divers graffitis repérables sur la jaquette, à condition toutefois d'avoir un exemplaire format LP vinyle, le format CD gâchant une bonne partie de ces détails croustillants. On notera aussi la luminosité du dessin, qui tranche radicalement avec les différents travaux de Riggs. Les situations explicites laissent place à un univers où l'imaginaire du fan est mis à contribution. Quelle histoire cache cette pochette ? Il y aurait beaucoup à raconter...

Si Piece Of Mind développait des morceaux pépères, plus lents qu'à l'accoutumé, Steve Harris et compagnie se sont ici rendu compte qu'une nouvelle forme de concurrence arrivait tout droit des USA, une bande de sauvage qui assenaient un metal plus radical, fortement hérité du punk, de Motörhead et de cette fameuse NWOBHM dont Maiden était le fer de lance. Aussi, le groupe, qui présente enfin un line-up stable - pour le cinquième album en cinq ans, il était temps ! - passe la vitesse supérieure.

Et cela débute de façon radicale par un Aces High d'anthologie. Titre rapide, dopé par la batterie en rafale de Nicko McBrain qui est à présent bien intégré en groupe et qui voit son jeu mis en valeur. Le chant de Bruce Dickinson monte haut et se veut en même temps très agressif. On est loin de la facilité de morceaux comme Running Free, les harmonies à la guitare sont de plus en plus travaillées et les soli, très immédiats, sonnent de façon très spontanée.

Tout l'album ne progresse pas sur le schéma de la composition rapide, directe et efficace. D'autres prennent leur temps ou se teintent de sonorités plus rock comme c'est le cas pour la célèbre 2 Minutes To Midnight au tempo plus lent et au refrain simple, mais efficace. Seul problème en prenant cet album de 1984, c'est que ce titre est devenu un incontournable de concert et qu'à force, il devient lassant. Mais surtout, Maiden a mis le doigt sur la puissance. Elle est partout, elle se traduit par une nervosité dans l'interprétation qui n'a rien de péjorative, au contraire, elle vient créer de la tension comme sur le rapide Back In The Village, la suite logique de The Prisoner sur The Number Of The Beast vu que la chanson reprend également la thématique de la série télé le Prisonnier. La puissance se traduit également par un chant conquérant, qui allait faire école (à l'écoute des refrains aigus de Flash Of The Blade, il parait inconcevable qu'elle n'ait pas inspiré à Michael Kiske sa façon de chanter par exemple). On retrouve également cette puissance au niveau de la composition, comme pour la chanson titre, qui développe une ambiance, entre le lugubre et l'oriental, et qui sera d'ailleurs le seul morceau réellement en adéquation avec la pochette.

Il est également difficile de passer outre The Rime Of The Ancient Mariner, titre fleuve de pus de treize minutes, qui condense un long poème de Samuel Taylor Coleridge datant de la fin du XVIIIème siècle, "le Dit du Vieux Marin". Certes, abréger un texte peut paraitre barbare, mais parfois la nécessité fait loi. Si les premiers couplets passent tout seuls, c'est que l'on se retrouve dans le schéma du Maiden pépère de Piece Of Mind. Puis il y a cette coupure où la narration de Dickinson répond à la basse de Harris, tandis que les mats craquent, puis c'est le final, en forme d'apothéose. Un titre qui s'en sort bien mieux que ce qu'il laissait présager et qui fini par marquer même si en matière de longs morceaux le groupe fera bien mieux par la suite.

On remarquera aussi que la composition, de plus en plus, n'est plus du seul fait de Harris. En fait, il y a deux pôles dans Iron Maiden. Le premier, contrôlé par le bassiste, fait dans le traditionnel, avec les cavalcades habituelles, tandis que l'autre s'articule principalement autour de Dickinson, souvent épaulé par Adrian Smith. Ces derniers composent dans l'optique Iron Maiden, en suivant certains plans, mais ils apportent également des sonorités différente, une musicalité autre, qui permet à ce Powerslave d'avoir un relief des plus intéressant. Pas une concurrence, mais plutôt une émulation entre membres qui permet une osmose des plus surprenante et qualitativement, unique.

Powerslave, c'est le point d'orgue de la première partie de carrière d'Iron Maiden. Contentant son lot de classiques, il se veut plus classieux tout en retrouvant une certaine virulence même si le côté punk, qu'on liait surtout à Paul Di'Anno et Clive Burr a définitivement disparu. Un grand album de heavy metal, qui traverse glorieusement les âges et qui servit de point de départ à la plus célèbre tournée de la Vierge de Fer, le World Slavery Tour. Tout simplement monstrueux.

Powermaiden



Powerslave... l'apogée commerciale de Maiden. Et musicale aussi, ou alors pas loin (oui parce que Number est bon aussi quand même). La même année, Judas Priest réalise le monument Defenders Of The Faith bien plus Metal que le prédécesseur. Du coté de Maiden par contre, la musique s'accélère pour un ou deux morceaux mais globalement on joue beaucoup plus qu'avant sur les mélodies de Dickinson. Les riff se montrent aussi bien plus mélodique d'ailleurs. C'est bien simple : faites tourner Dark Tranquillity ou In Flames pendant un moment et mettez ensuite ce Powerslave, y'a pas photo, Maiden construit avec cet album une source d'inspiration pour toutes les scènes mélodiques, qu'elle soient simplement Heavy, Thrash, ou Death. Les Power Chords sont toujours présentes bien sur, mais les guitares sont vraiment plus folles dans l'ensemble. Back In The Village, ou Flash Of The Blade approchent un peu le coté "part dans tous les sens mais maitrisé" de Hallowed be Thy Name (toutes proportions gardées).

Maiden est donc au top ce son inspiration, entre changement de rythme pour suivre la mélodie dans le génial Aces High, le morceau plus accrocheur aux accents "tubesque" 2 Minutes To Midnight (ne pas confondre avec l'album de Linkin Park, pitié), l'instrumental Losfer Words, et l'enchainement de tueries mélodiques avant de clôture le tout par l'habituel monument de 10 minutes (13 en l'occurrence), on a un album réfléchi, mature, complet et enivrant. Les deux premiers points manquaient d'ailleurs à Number Of The Beast. Toutefois on reste un peu dans l'inégalité puisque 2 Minutes To Midnight ne raviront pas les plus irréductibles d'entre nous qui préfèreront headbanger sur les rythmiques lourdes de Powerslave et ses accents égyptiens, ou l'instrumental franchement pas essentiel comparé à un brulot tel que Aces High (un refrain de malade pour ce morceau d'ailleurs...). Pas de surprise au niveau du sommet de l'album qui est bien sur la dernière piste, le gros morceau, un long enchainement de riff mortels très inspirés, avec un petit break sur la fin avant d'embrayer sur des petits délires entre le duo Dickinson/Guitare pour finir magistralement. Irrésistible, comme d'hab.

Steve Harris est très bon bien sur, et précisons que le nouveau batteur, après avoir fait ses preuves sur Piece Of Mind, s'en sort aussi bien que Clive Burr, donc très bien.

Maiden frappe donc fort, très fort même, avec une compilation de ce qu'il sait faire de mieux a cette époque : des mélodies, des solis, des brulots et des gros morceaux épiques. Il changera légèrement de style avec Somewhere In Time.

Les Plus :

- Mélodique
- Plus réfléchi que Number Of The Beast
- Varié
- Les soli...
- Mickey Mouse sur la pochette

Les Moins :

- Quelques morceaux plus dispensables

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par Int, le 25 mai 2008
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Commentaires


Mon préféré de la période 80-85, un album bien complet et bien fignolé. 9/10, mérité.
mar. 26 août 08- 23:15  
Ouais, mon préféré de cette période aussi.
mar. 26 août 08- 23:22  


Powerslave - Infos

Voir la discographie de Iron Maiden
Infos de Powerslave

Sortie : 3 septembre 1984
Genre : Heavy Metal
Label : EMI
Playlist :
voir paroles : Voir les paroles
1. Aces High (4:29)à écouter en premierlistenparoles de Aces High
2. 2 Minutes To Midnight (6:02)à écouter en premierlistenparoles de 2 Minutes To Midnight
3. Losfer Words (Big 'Orra) (4:12)paroles de Losfer Words (Big 'Orra)
4. Flash Of The Blade (4:02)paroles de Flash Of The Blade
5. The Duellists (6:07)paroles de The Duellists
6. Back In The Village (5:02)paroles de Back In The Village
7. Powerslave (6:46)listenparoles de Powerslave
8. Rime Of The Ancient Mariner (13:40)culte !culte !listenparoles de Rime Of The Ancient Mariner
écouter : Ecouter l'album



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