Cet article n'a pas été écrit par un membre de l'équipe officielle de Metalship, et n'engage donc que son auteur, pas la rédaction du webzine.
En matière de folk metal, et même de musique tout court, Folkearth fut l'une de mes plus grandes déception, je l'avoue honnêtement avant de commencer cette chronique. Le concept paraissait séduisant : réunir des musiciens de toute l'Europe, des représentants des diverses traditions musicales folkloriques que notre continent a la chance de posséder : celte, grec, nordique, germanique, ect. Et fusionner tout cela dans des albums épiques et puissants, riches de tant de diversité.
Cela, c'était l'idée de départ, des plus séduisantes. La réalisation s'avéra plus difficile et, plus grave, beaucoup moins inspirée. Et c'est pourquoi, après trois albums qui n'étaient pas positivement mauvais, mais s'avéraient totalement incapable de tenir la moindre de ces promesses, je m'étais juré de ne plus jamais investir dans Folkearth... Mais la curiosité demeure, et bien que ce soit un vilain défaut j'avoue ne pas le regretter, car sans cela je n'aurais jamais éprouvé l'envie de voire ce qu'était devenu ce groupe qui, malgré le temps, continuait apparemment de fonctionner, ou en tout cas de sortir des albums. Or, sans être pour autant transcendant,
Ruler of the Sea est tout de même largement meilleur que les albums des débuts.
Au niveau inspiration ça n'est pas encore ça, il faut bien le reconnaître ; les compositions sont sympathiques et de bonnes factures, mais très loin de révolutionner le genre. Par ailleurs elles restent d'une certaines mollesse, et témoignent encore d'un certain manque de rythme, ce qui nuit clairement à l'album.
En revanche, quelque chose a changé et c'est des plus appréciable : le chant ! Fini le ronronnement monocorde qui officiait dans les débuts et tuait les albums les uns après les autres ; à la place, un excellent chant death, dont la puissance compense en partie les faiblesses des compositions, et confère aux chansons un dynamisme indéniable. Certes on est encore loin de
Windir, mais au moins à l'écoute de l'album c'est le plaisir qui l'emporte et non plus la lassitude !
Quelques passages de chant féminin également, et de chant masculin clair, pas très inspiré en revanche celui là, pour ne pas dire assez médiocre. En particulier, elle fait intégralement la dernière chanson,
Byzantine Princess, une balade sur le vieux thème de la princesse d'orient... Un titre très folk, associant chant clair, flutiaux et guitares folks, dans la lignée des premiers CD. Il rompt nettement avec le rythme de l'album, et on peut s'interroger sur le choix de le mettre en conclusion. Certes, il est mieux là qu'au milieu de l'album, où il casserait carrément le rythme, mais conclure sur un titre qui n'a rien à voir avec le reste de l'album n'est pas non plus de très bonne politique ; peut-être aurait-il été mieux de le mettre carrément en bonus.
Au niveau des sources d'inspiration, pas grand chose de neuf hélas. Difficile de discerner l'influence de tel ou tel folklore, même si les tendances vaguement celtiques prédominent ; de la part d'un groupe aux ambitions européennes c'est assez décevant, on en conviendra. Bref, du pagan à chant black de bonne facture, tout à fait comparable à un
Bélénos,
Aes Dana, mais très loin derrière un
Windir, et surtout toujours très loin du feu d'artifice espéré. En termes d'originalité ou d'inspiration folk, on est par exemple très loin derrière le tout premier album de
Cruachan – avant la transformation en groupe à chant féminin.
Un bon album donc, plaisant à écouter, et qui se place sans peine parmi les bonnes références du genre, mais reste loin derrière les meilleurs.