Que reste-t-il du Sab' au début des années 1990 ? On serait tenté de dire: plus grand chose. De la formation de 1968, il ne reste plus que Iommi. Et on serait également tenté de rappeler que le heavy peut paraître quelque peu ringard, en cette dernière décennie du vingtième siècle. Mais
Black Sabbath s'en fout, laissant à d'autres le soin de repousser les limites sonores comme ils le firent en 1969. "On est là pour du bon vieux heavy, bordel !" semble crier ce
Tyr.
Car pas de faux-semblants.
Tyr n'y va pas par quatre chemins et propose du heavy metal flamboyant tendance épique (l'auditeur se permettra de remarquer les accents vikings qui teintent parfois
Tyr). Le
malsain des débuts n'est plus vraiment la préoccupation de la bande à Iommi. Le tempo est plutôt rapide, la guitare plus enlevé que lourde, et le son de basse tellurique de Geezer Butler est aux abonnés absents. A croire que tout le monde veut se faire discret face aux "deux Tonys", respectivement chanteur et chef du navire.
La voix et la guitare sont d'ailleurs les deux éléments les plus en avant sur
Tyr. Heureusement pour Martin, car c'est un vrai plaisir de l'entendre. Mais si Iommi, généralement, est très efficace et puissant, parfois cela tombe à plat. Le disque n'est pas un échec total, mais a un petit goût de déjà-entendu.
Il ne ravira donc que les puristes du genre, qui seront satisfaits. Après vingt ans de carrière,
Black Sabbath n'est pas enterré, mais s'est mieux porté.