S’il y a bien un personnage charismatique de la scène Black, un personnage qui met tout le monde d’accord, c’est sans aucun doute
Ihsahn. Impliqué dans de nombreux projets musicaux, l’homme est surtout connu pour avoir été le chanteur du mythique
Emperor.
Après avoir mis ce groupe légendaire en hibernation, réveillé uniquement pour quelques dates live,
Ihsahn n’en avait pas vraiment terminé avec sa quête musicale. Et le moyen qu’il a trouvé pour poursuivre dans cette voie artistique, c’était de parcourir la route en solitaire. Ainsi, en 2006, le premier album solo d’
Ihsahn,
The Adversary, voyait le jour, rapidement suivi par le surprenant et unanimement salué
angL.
Mais le talentueux Blackeux n’avait pas pour intention de s’arrêter là ! Prévu pour 2010, le nouvel album, After devrait voir le jour sous la bannière Candlelight.
Après des albums si superbement exécutés et inspirés, on était en droit de se demander où pourrait bien aller
Ihsahn après ça. En économie, après avoir atteint un sommet, la suite logique est l’effondrement. Mais la théorie ne semble pas s’appliquer au talent de ce Norvégien.
Dès les premiers instants de ce After, on retrouve ce chant si caractéristique, un chant qui a marqué à jamais le monde de l’extrême avec des albums comme
In The Nightside Eclipse. Mais le groupe solo du chanteur d’
Emperor n’est pas qu’un simple prolongement de travaux entamés il y a presque 20 ans. Non, car en parcourant le disque, on notera une richesse incroyable dans le répertoire vocal du bonhomme. Passant de son chant Black typique à un chant clair proche de celui d’
Opeth ou alors des éléments bien plus personnels et planants,
Ihsahn nous propose un panel incroyable dans ses variations, et ce, dans le seul but de sublimer son art.
Et la richesse de ce nouvel album ne se trouve pas seulement dans les vocaux, mais aussi dans les parties de guitares qui sont toujours aussi impressionnantes. C’est à l’aide de son Ibanez huit cordes que ce virtuose exploite chaque possibilité offerte pas son instrument. Et le côté prog qui était très présent dans les précédents albums est encore plus marqué ici, notamment grâce à la présence de ce saxophone, dirigé par Jorgen Munkeby, dont le travail a déjà été exploré chez
Enslaved ou
Shining. Ainsi, ce nouveau chef d’œuvre porte indéniablement la marque d’un Extrême Prog Jazzy. L’ajout de cet instrument plutôt rare dans les milieux extrêmes permet à
Ihsahn d’avoir un son encore plus psychédélique, encore plus complexe, mais au feeling tout de même très impressionnant ! Pour ceux auraient aimé des groupes comme Diablo Swing Orhcestra, sachez que l’on peut retrouver par moment des éléments qui y font fortement penser.
Les aspects jazzy seront présents tout au long de l’album, changeant ainsi carrément la perception musicale que pouvaient nous donner
Ihsahn sur ses disques précédant. Et cela apporte une réelle évolution qui aurait pu être dangereuse car difficile à manier. Mais en la personne de Jorgen,
Ihsahn semble avoir trouvé la personne adéquate qui a su s’imprégner de cet univers et s’y fondre à merveille. Ainsi, des morceaux comme
A [1[Grave Inversed" class="search">Grave" class="search">A [1[Grave Inversed ou
Undercurrent s'imposent comme de véritables coups de maîtres.
Ihsahn a décidé de nous embarquer dans un monde en marge de ce qui a tendance à se faire actuellement et c’est tant mieux ! C’est dans doute ce tour de passe-passe qui fera de ce disque un incontournable du genre.
En revêtant les habits de l’alchimiste,
Ihsahn aura su présenter un album qui surpassait ses précédentes réalisations pourtant ô combien acclamées.
Et c’est en toute simplicité que semble s’exécuter devant nous un Metal extrême très travaillé et inspiré avec à son bord, un magicien qui a su prendre des risques pour proposer un son nouveau, et ainsi impressionner son auditoire.
On peut d’ores et déjà parler d’un des disques de l’année 2010.