Hell Destroyer, nouvel effort des américains de Cage, n'enfreindra aucune des règles d'excellence instaurées par un bon Darker than Black (2003). Malheureusement il ne dérogera pas complètement à celles moins glorieuses qui firent de ce dernier une œuvre certes très intéressante mais pas pleinement convaincante.
Une fois encore nous voici donc avec un plaidoyer à la gloire d'un Heavy Speed Metal aux accents légèrement Thrashy dont la filiation avec les
Judas Priest, Powergod,
Primal Fear et autres
Vicious Rumors est une évidence.
Une fois encore nous voilà avec un album dont l'insoutenable longueur, et dont les carences dans l'exercice d'une certaine nuance nous contraignant à sacrifier temps, temps et tant de temps afin d'entrevoir, enfin, l'ombre d'un espoir salutaire, finiraient par en devenir presque désespérantes. L'œuvre, en effet, s'apprivoisera en plusieurs tentative, pour peu qu'il puisse s'apprivoiser.
Une fois encore nous voici en présence d'une débauche musicale effrénée dans laquelle l'énergie prime et durant laquelle les adeptes d'un minimum de subtilité seront, sans doute, déconcertés. Une démonstration de force où chacun de ces musiciens s'imposent avec vigueur. Et ainsi Sean Peck de cette voix aigus et puissante (en une expression assez proche d'un Tim
Halford ou d'un Rob Owens. Ou peut être bien le contraire.), Dave Garcia et Anthony Wayne McGinnis de leurs riffs aiguisés, Mike Giordano de sa basse aux graves érigées et Mike Nielsen de ce martèlement tonitruant, nous invectivent avec une pugnacité qui finis par nous convaincre.
La conclusion s'impose donc aisément, Hell Destroyer n'est que la continuité normale de l'évolution de ce groupe. En d'autres termes ce nouveau méfait n'est qu'un exercice de style reprenant les codes dont ces musiciens usèrent sur son prédécesseur, sortis 4 ans plus tôt.
La chronique pourrait donc cesser ici, laissant chacun, suivant sa conscience, décider du sort de ce nouvel album. Il pourrait en être ainsi. Toutefois ce serait omettre certains points qui, indiscutablement, plaident en faveur de ce groupe et de cette œuvre. Non pas que les éléments, à charge ou à décharge, énoncés jusqu'alors ne soit pas réel mais certains autres font de ce disque un opus, à certains égard, bien meilleur que Darker than Black.
Tout d'abord il y a l'aspect conceptuel de ce Hell Destroyer. Cette fresque nous narrant une histoire, somme toute, assez commune d'une lutte ancestral aura l'infime avantage salutaire de se voir affublé de quelques instrumentaux, préambules narratifs et autres spécialités du genre indubitablement profitable au propos de ces américains. Ainsi, pour une longueur sensiblement égale à celle de Darker than Black, Hell Destroyer nous propose quelques respirations heureuses.
Il y a, ensuite, une inspiration clairement plus enthousiasmante qui tente, avec plus ou moins de bonheur, d'éviter les écueils d'un certain systématisme qu'on pouvait parfois ressentir autrefois dans l'expression artistique de Sean Peck et de ses complices. Illustrons donc cet argument par des titres tels que I Am the King, Christhammer, Abomination, Rise of the Beast, Beyond the Apocalypse ou encore, par exemple,
King Diamond.
Hell Destroyer, finalement, est un album bâtis sur les fondations de Darker than Black. Sans renoncer à aucune de ces convictions concernant la fermeté, l'intensité et l'exaltation de son Heavy Metal, Cage impose ses dogmes avec fracas. Il y parvient d'autant mieux que ce nouvel effort a des valeurs assurément plus intéressantes que ses prédécesseurs.