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Chroniques :: Chronique de Never Say Die !

Chronique de Never Say Die !

Black Sabbath  - Never Say Die ! (Album)

Quand ya pas d'inspiration, mettez des bruits bizarres...



La fin des années 1970 a été, pour la musique populaire, une période charnière: l'avènement du punk. Le psychédélisme sera rangé au placard (en attendant le trip hop), le son sera durci, le reggae touchera un plus large public. Ce que cela veut dire pour les groupes déjà existant, pratiquant à l'époque un heavy metal grandiloquent et cérébral, c'est que l'heure est venu de passer la main. Aux petits nouveaux qui commencent à peine à jouer et écouter de la musique, à d'autres musiciens pour renouveler le line up, à d'autres inspirations...En tout cas l'heure est aux changements et pas aux chichis. Mais ça ,et enfin nous en venons à Never Say Die, Black Sabbath ne l'a pas compris.

Le groupe nous offre en effet un album mou du genou.Enfin, nous fait subir serait plus exact. Le titre d'ouverture est archi moche: Ozzy doit avoir un mouchoir (probablement imbibé d'alcool) au fond de la gorge pour chanter aussi mal. Exit la voix ténébreuse qui a fait son succès, bonjour la parodie involontaire de hard. Et on se demande ce que faisait Iommi le jour où il a écrit cette chanson. Parce que le riff de guitare, censé être la base de la compo, n'arrive pas à décoller, et les ornementations omniprésentes (et encore, là c'est de la guitare, pas un son synthétique ringard) n'apportent strictement rien, sinon une masse sonore informe d'où rien ne se dégage. Et le pire, c'est la suite, qui consiste à garder les mêmes défauts, mais d'en rajouter pour que ce soit pire. Par pire, comprenez avec des "bip bip" probablement censés faire sci-fi. Pourrait-on alors créditer Black Sabbath l'originalité d'être parmi les premiers à faire de la musique geek ? Il vaudrait sans doute mieux pour eux, Johnny Blade, la deuxième chanson, est atroce. Ozzy chante encore plus mal, et il va continuer. Breakout, elle, est la version big band là où Johnny Blade est la version science fiction: à la place de R2D2, voilà des cuivres. Enfin, ça aurait pu être pire: sur Breakout, on entend pas Ozzy.
Mais s'il n'est pas bon, le Sab' essaie au moins d'être hétérogène: il n'y a pas que des claviers inappropriés dans Never Say Die. On trouve aussi du hard rock assez pur, il faut le dire. Malheureusement, s'il est pur, il est loin d'être original: ça sent ACDC à plein nez. Iommi s'est peut être dit que, possédant une guitare Gibson SG, comme Angus Young, il pouvait se permettre de lui piquer son son, voir ses riffs. Mais si seulement il n'était question que de plagiat ! Car ces titres plus pêchus sont plombés par des claviers qui n'ont rien à foutre là. Encore. Over to You en est un bon exemple: l'intro sent le déjà vu et est réjouissante, avec un peu d'org hammond, une batterie qui monte en puissance, puis les choses se gâtent. Ozzy chante plutôt mal, puis un piano trop gentil, cassant le rythme de la chanson, s'incruste. Ensuite, surenchère: notre Mad Man se dit qu'essayer de faire aussi mièvre est nécessaire. Et voilà une chanson de ruiné, et encore, ce n'est pas le pire. Au moins les sons de l'hyper espace ne sont pas là.

Les musiciens n'avaient donc aucune idée. Ils ont donc remplacé les idées par des instruments et des sons qu'ils n'avaient pas l'habitude d'utiliser. Mais voilà, il n'y a toujours pas d'idée, et donc au final pas de chanson qui s'en sorte vraiment: juste le fond, et une pelle pour creuser encore plus bas. Mais à quelque chose malheur est bon: Ozzy Osbourne finira par se remettre en question, ralentir sur la bibine et commencer une carrière solo plus réjouissante. Il sera remplacé par Ronnie James Dio, avec qui Black Sabbath sortira un album atomisant cet horrible Never Say Die. Le changement d'effectif fini par arriver un jour, heureusement.

 3 
10

Parfois, vaut mieux savoir se taire, pfiou...



Il y a deux façons d'aborder ce disque. Soit en faisant référence à la discographie passée du Sab', soit en le considérant comme une curiosité.

L'introduction est brutale. Elle n'est pas faite pour ménager le lecteur, encore moins le groupe qui a pondu un tel album. Il faut dire, la situation au sein de Black Sabbath n'est pas des plus réjouissante. Ozzy ne sait plus comment noyer son désappointement : la drogue, l'alcool, les deux ? Peut importe le flacon, pourvu qu'on est l'ivresse, telle devait être sa devise à cette époque, lui qui avait plaqué les géniteurs du heavy metal avant d'être recherché par un Tony Iommi toujours aussi dictatorial dans sa façon de tenir la barre.

Le Sab' n'allait plus dans la direction que voulait Ozzy. Plus que jamais, Iommi cherchait dans les musiques nouvelles des envies, des moyens pour rendre la musique du groupe plus actuelle, mais il n'avait pas compris l'importance du punk. Les kids se moquaient de Black Sabbath, vieux dinosaures déjà, qui pratiquaient une musique d'un autre âge. Technical Ecstasy ? Absolument pas dans l'air du temps. Et Ozzy, qui voulait un retour à une formule plus heavy, plus classique, était plus dans le juste. Mais il n'avait plus la force de s'imposer. L'a-t-il vraiment eu un jour, face à un Iommi qui est l'âme damnée de la formation ?

Alors oui, si on se base sur ce que fut Black Sabbath, cet album fait mal. Hors du temps, loin de la noirceur et de l'ésotérisme qui liait les oeuvres précédentes entre elles, au moins jusqu'au splendide Sabotage. Ozzy n'y croit pas. Il chante parce qu'on lui demande de le faire. En a-t-il vraiment envie ? Il n'en donne pas l'impression tant il a l'air de s'ennuyer. L lourdeur pachydermique des riffs ? Un lointain souvenir. Aussi lointain que ça en devient vide de sens, surtout quand le groupe s'essaye à une batterie imposante sur Breakout, l'instrumental, où les cuivres ne parviennent pas à convaincre, où l'effet de style tombe à plat, misérablement. Swinging The Chains, qui poursuit, parviendra vaguement à sauver les meubles. Même si cet harmonica est salement agaçant.

Puis les plus aventureux d'entre vous, ceux qui ne jugent pas un disque au milieu d'une discographie pour comparer, eux, arriveront à se passionner pour des folies comme Air Dance, baroque et décalée, ou par Shock Wave mignonnette. Mais de là à crier au génie... Peut-être pas. Il y a une recherche créatrice, mais encore, difficile de croire au discours de Black Sabbath sur cet album. Difficile de rentrer dans la ronde, difficile de faire bonne figure face à un opus qui tient plus du fourre-tout que de l'oeuvre bien écrite.

Le départ d'Ozzy après cet album n'est pas une surprise. Prévisible. Logique. Avec lui, tout a été dit. Et son départ signifiera son salut et celui de Black Sabbath. Never Say Die ! aura pu être un chant du cygne, il n'est qu'un mauvais album qui vient ternir l'image de marque d'un groupe qui aura marqué les années 70 de son empreinte, de façon indélébile. Et pas que les 70, oh non.



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Commentaires


J'ai jamais accroché avec cette galette, content de savoir que je suis pas le seul.
dim. 25 oct. 09- 00:30  


Never Say Die ! - Infos

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Infos de Never Say Die !
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Sortie : 28 septembre 1978
Genre : Heavy Metal
Playlist :
voir paroles : Voir les paroles
1. Never Say Die (03’48)paroles de Never Say Die
2. Johnny Blade (06’27)paroles de Johnny Blade
3. Juniors Eyes (06’42)paroles de Juniors Eyes
4. Hard Road (06’03)paroles de Hard Road
5. Shock Wave (05’13)paroles de Shock Wave
6. Air Dance (05’15)paroles de Air Dance
7. Over To You (05’16)paroles de Over To You
8. Break Out (02'35)paroles de Break Out
9. Swinging The Chain (04'04)paroles de Swinging The Chain
écouter : Ecouter l'album



Black Sabbath

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