Quand l'Italie s'acoquine avec la Suède, ça donne
Disarmonia Mundi. Ce duo italien s'est en effet fait la spécialité depuis ses débuts dans l''invitation de Bjorn 'Speed' Strid, hurleur en chef de
Soilwork et
Terror 2000. Si avec ça les italiens ne sont pas affiliés à la scène scandinave... D'autant que
Disarmonia Mundi verse dans un Death-Metal Mélodique qui puise son inspiration dans les combos majeurs du style qui sont, pour la plupart, suédois!
The Isolation Game est le quatrième opus de
Disarmonia Mundi, suivant de trois années le plutôt bon Mind Tricks. Comme à son habitude, le duo a une nouvelle fois invité le grand chauve de
Soilwork, sur la totalité des compositions.
Il est clair que le premier coup d'œil n'a rien d'enchanteur. En effet, avec un artwork pareil,
Disarmonia Mundi est très loin de revendiquer la plus belle pochette du moment. Heureusement que le contenu est plus accrocheur!
Démarrant avec un "Cyfer Drone" puissant et mélodique,
The Isolation Game reprend la recette de Mind Tricks: un Death Mélodique puissant, sauvage, mais également accrocheur pour tout ce qui est des refrains. Naturellement,
Disarmonia Mundi exploite à fond sa collaboration avec Speed. Toujours aussi talentueux, que ce soit dans les growls ou le chant clair, il est naturellement très présent dans l'ensemble des compositions de cet opus, aux côtés d'Ettore et Claudio.
Composé de treize morceaux pour un peu plus de trois quarts d'heure de musique,
The Isolation Game est le genre d'album a clamé haut et fort l'appellation "in your face". La musique des italo-suédois ne laisse que très peu de répit à l'auditeur, à l'image de cette batterie survoltée. Seul temps mort dans cet album, les "Glimmer" et "Beneath a Colder Sun", morceaux plus ambiants et reposants marquant une pause qui finalement s'avère bienvenue.
La production retourne tout et n'est pas étrangère à la puissance dégagée par
Disarmonia Mundi. Les guitares trouvent un mordant particulièrement puissant, mais le mélange des trois voix crée parfois un sentiment brouillon, surtout que chaque chanteur dispose d'une palette de voix étendue... Pas toujours cohérent, c'est bien dommage.
Chaque morceau possède son lot de riffs énergiques ("Cypher Drone", "Stepchild of Laceration", "Ties That Blind" ou encore le puissant "Perdition Haze"), de refrains accrocheurs ("Structural Wound", l'excellent "Digging the
Grave of Silence", "The Isolation Game"...). Il est indéniable que l'apport du chant diversifié de Speed est un véritable plus pour
Disarmonia Mundi.
Seulement, même s'il apporte du bon, il fait également passer le groupe italien pour un clone de
Soilwork. Certes c'est puissant et bien foutu, mais ça manque d'originalité.
The Isolation Game n'est pas un album mauvais en soi, disons plutôt que
Disarmonia Mundi se contente d'envoyer le boulet (et c'est bien fait, j'insiste sur ce fait) sans vraiment parvenir à se forger sa propre voie. Éternellement rattaché à
Soilwork, le groupe n'agit que dans l'ombre de celui-ci, et c'est bien dommage, car le potentiel est présent, c'est certain...
Sinon, et passé cette constatation,
The Isolation Game s'avère être un bon album de Death Mélodique puissant et racé, bourré de riffs et refrains accrocheurs.