Après avoir sorti au début du 21ème siècle un Nebularium versant allègrement dans un Death Mélodique progressif franchement bien foutu, Disarmonia Mundi, formation Italienne fondée par le guitariste Ettore Rigotti en 2000 revient en 2004 avec Fragments Of D-Generation.
Au rayon des nouveautés, on compte la présence de Björn « Speed » Strid, beugleur de
Soilwork, qui vient tenir le micro à la place de Benny Bianco Chinto, qui a quitté le groupe entre temps, ce dernier étant toutefois crédité sur le livret du CD pour avoir écrit certains textes et posé quelques lignes de chant.
Avec cet opus, Disarmonia Mundi délaisse le côté progressif de son premier album et privilégie une approche plus mélodique, mais également plus directe. Fragments Of D-Generation est un mur du son qui ne laisse quasiment aucun répit à l’auditeur, malgré quelques baisses de régime appréciables.
Après une introduction atmosphérique rappelant au bon souvenir de Nebularium, « Common State Of Inner Violence » part sur les chapeaux de roue en écrasant tout sur son passage. Les guitares sont surpuissantes, le batteur martèle ses fûts comme un enragé, la basse soutient efficacement tout ce petit monde, et Björn semble se sentir comme un poisson dans l’eau. Tout semble aller pour le mieux, mais cependant, un malaise se fait ressentir…
Si vous n’avez jamais entendu parler de
Soilwork, l’écoute de l’album se poursuivra sans accrocs. En revanche, si la formation Suédoise ne vous est pas inconnue, vous risquez d’avoir une impression de « déjà entendu », et l’on peut dire la même chose de toutes les autres pistes de ce disque.
Evidemment, ce n’est pas ce genre de détail qui gâchera complètement le plaisir de la découverte, le niveau technique étant au rendez-vous, et chaque titre apportant quelque chose, comme « Oceangrave » et son feeling électro, ou « Come Forth My Dreadful One », qui nous fait le coup de l’intro inquiétante avant de partir dans un mid-tempo carrément ravageur, donnant immédiatement envie de secouer la tronche, quitte à s’en péter les cervicales. Il est juste malheureux de constater que le groupe a préféré vendre son âme aux démons du mercantilisme, en proposant un produit certes efficace, mais pas original pour un sou...
Le moins qu’on puisse espérer, c’est que ce virage leur ait été profitable pécuniairement parlant, parce qu’au niveau de la crédibilité, Rigotti et ses potes se prennent un sacré coup dans les dents.
Bon allez, cessons de faire nos mauvaises langues. Le tableau n’est quand même pas si noir.
Même si la quasi-omniprésence du spectre de
Soilwork peut donner l’impression que Disarmonia Mundi n’est qu’une machine à fric sans personnalité, la formation Italienne nous sert avec ce Fragments Of D-Generation un Death mélodique puissant et racé, qui laisse supposer que les musiciens en ont sous le coude. Encore faudra t-il qu’ils parviennent à digérer leurs influences avant de pouvoir réellement libérer tout leur potentiel.
En tout cas, si Disarmonia Mundi n’a pas inventé la poudre, il sait la faire parler, et c’est déjà pas mal !