En 2002,
Nightwish est un jeune groupe qui jouit déjà d'une popularité énorme. Quand on connait la suite des évènements et les nombreux fans qui ont dit ne jamais avoir aimé la voix de
Tarja, il est paradoxal de reconnaitre que sans elle, le succès n'aurait peut-être, voire certainement pas été le même. En cette année 2002, le grande folie de Nightwish a été de virer le peu charismatique bassiste
Sami pour le remplacer par l'imposant viking blond qu'est
Marco Hietala (
Tarot, ex
Sinergy). Du coup, le groupe est en délicatesse avec
Kimberly Goss qui n'a pas franchement apprécié la manoeuvre.
2002, c'est également l'année de sortie de ce Century Child qui en définitive, n'apporte pas grand chose à l'équation Nightwish. Dans la lignée d'un
Wishmaster, cet album est l'image d'un groupe qui peine à se renouveler. Bien, sûr, il y a
Slaying The Dreamer qui aura fait couler beaucoup d'encre, un titre très agressif, où le clavier de
Tuomas Holopainen se fait très discret, laissant crier la guitare de
Emppu Vuorinen (qui mine de rien montre bien qu'il est tout de même relativement limité dans son art) et qui permet une opposition intéressante entre une Tarja agressive et un Marco égal à lui-même (cf
Suicide By My Side). En fait, c'est quasiment le seul morceau à sortir du lot de façon significative car totalement inattendu. Très correct malgré une écriture très basique.
Puis il y a ce riff bizarrement saccadé qui ouvre le bal.
Bless The Child est une composition étonnante. Pas vraiment ratée, pas spécialement réussie, une entrée en matière désarçonnante mais qui sent le Nightwish à plein nez : clavier à tout va, immédiatement reconnaissable, distillant le même genre de mélodie que sur l'album précédent, chant magnifique de Tarja, plus posé que par le passé...
Et on navigue ainsi en terrain connu, la plus grosse innovation résidant dans l'apparition au chant de Marco assez fréquemment. Et encore. Il y a toujours eu une voix masculine dans Nightwish. Alors de temps en temps on est chanceux, on tombe sur un titre accrocheur (la très jolie power ballad
Ever Dream, puis on grimace devant un auto-plagiat éhonté (
End Of All Hope construit selon le même schéma que
Wishmaster) et on tire carrément la gueule face à la triplette
Forever Yours/
Ocean Soul/
Feel For You, véritable ventre mou de l'album qui s'affadit sérieusement après le redoutable
Slaying The Dreamer. Manque de relief, mauvais positionnement dans la set-list, ce n'est pas la première fois que Nightwish montre des faiblesses pour sortir un album complet, le suivant souffrira du même syndrôme, mais de manière moins poussive.
Reste la fin, qui vient relever un peu le niveau, même si ce qui aurait su être le titre phare de l'album,
Beauty Of The Beast (puisque l'on reste dans un style précis, autant l'exploiter jusqu'au bout, non ?), manque cruellement de punch au début et évite l'essoufflement prématuré grâce à une seconde partie remarquable et bien amenée, qui tend à sonner épique. Mais que ce fut laborieux pour en arriver là !
Century Child, c'est juste un album de plus à la Nightwish. Et comme avec ce groupe on n'est pas à un paradoxe près, c'est celui qui aura définitivement conforté le groupe de Tuomas Holopainen comme le leader d'une nouvelle scène à cette époque, celui du metal à chanteuse (qui était presque devenu un genre à part entière avec tous les groupes qui pullulaient comme une mauvaise explosion d'acné). Mais bon, il s'agit d'un des opus les plus faibles du groupe.