Animus Silvae, c’est œuvre d’un petit one-man-band français,
Caedes Vocum. C’est une œuvre froide et malsaine qui est passée bien trop inaperçue dans le paysage musical underground hexagonal.
L’intro est tout simplement glaciale à souhait. A la manière d’un Projet Blair Witch musical, l’auditeur est plongé au cœur d’une forêt en plein nuit où chaque son prend une dimension de peur panique, qu’il s’agisse du simple cri de chouette, aux arbres agités par le vent, c’est dans un climat de méfiance et le d’angoisse que
Caedes Vocum a décidé de débuter son album.
Cette ambiance se retrouvera retranscrite musicalement tout au long du disque, le tout, au son d’un Black Metal lent et horrifique, bercé par un certain panthéisme bien ressenti. Parfois, le tempo est accéléré et les son est des plus chaotique. Ces sonorités apocalyptiques sont dues à une production bien underground, dans les règles de l’art. Ceci dit, il est parfois dommage que le son ne soit pas mieux produit car la musique en ressortirait avec un impact bien plus efficace. Mais le groupe a décidé de rendre son approche de la musique très ‘naturelle’, très intuitive. Il n’est pas rare d’entendre le bruit du vent, et ce, pas seulement pour l’intro. On croirait presque le cet album a été enregistré en live, dans la nature, la nuit. Si ce n’est pas le cas, le groupe retranscrit plutôt bien cette impression en tout cas !
D’un point de vue strictement musical,
Caedes Vocum ne présente rien de bien nouveau au Black Metal mais on sent une approche plutôt personnelle et originale, bien que l’on puisse rapprocher certains aspects de groupes comme
Hiver Noir ou d’autres officiants dans une scène plutôt underground. Ainsi, on pourrait également penser à certaines réalisations des Légions Noires, notamment
Aäkon Këëtrëh pour les ambiances, et d’autres pour ce qui est du choix du son. Car avec son Black Païen, le groupe ne s’adresse pas pour autant à des fans de
Eluveitie ou autres groupes à la mode dans ce milieu. Non, le public qui sera séduit par
Caedes Vocum restera tout de même un public ancré dans un monde True Black Metal, même si ce que propose le groupe est bien différent de
DarkThrone ou
Mayhem, soyons clairs.
Caedes Vocum se revendique d’une mouvance païenne mais peu d’éléments folk viennent se mêler à leur musique. On retrouve tout de même des guitares acoustiques dans certaines intro ou dans de rares pistes. Les accents sont plutôt mis sur les ambiances chaotiques et froides. Le chant tantôt haineux, tantôt plaintif est très mal mixé, mais ceci vient ajouter au charme de la musique, ou au contraire, il rebutera les moins aguerris.
Ce qui se dégagera finalement de
Animus Silvae, c’est une sorte de présence mystique qui plane sur la musique, comme si les sonorités avaient réveillé des créatures ancestrales endormies depuis des siècles. Le rêve (ou plutôt le cauchemar) prend vite le dessus sur l’imaginaire recrée par le groupe. L’auditeur qui se prendra au jeu de cette musique sera très vite enrôlé dans le monde mystique et occulte des forces de la nature.
Animus Silvae est un disque sombre, très sombre, un disque qu’il fait bon écouter dans la nuit et qui recréera assez aisément un paysage sylvestre de nuit. L’imagination de certains fera de ce disque une petite perle comme il en arrive souvent dans les méandres de l’underground. En revanche, la qualité du son, la pauvreté de certaines compositions et le manque d’explosivité décevra sans doute une bonne partie des auditeurs. Mais
Animus Silvae reste un disque à découvrir.