Les hollandais de
God Dethroned reviennent en 2003 sur le devant de la scène avec leur cinquième opus répondant au doux nom de
Into The Lungs Of Hell.
Après l'arrivée du nouveau batteur de l'époque, Ariën, et un Ravenous plutôt intéressant, que peut-on penser de ce nouveau méfait de la bande à Henri Sattler? Et bien que ces jeunes ont toujours une dent contre la religion, et qu'il la mette en valeur avec une musique sans concession!
Les premiers sons de "Into The Lungs Of Hell" reviennent à ce fameux nouveau venu, le batteur. Puis un riff tombe, suivi de près des hurlements de Sattler. Ce morceau éponyme sera l'un des plus malsains de ce cinquième opus, même s'il est loin d'être le plus extrême (entendez par là "violent").
La première belle surprise revient sans conteste à la précision quasi-chirurgicale du jeu d'Ariën. Son intégration au sein de
God Dethroned permet une approche bien plus moderne et puissante ("The Warcult", "Soul Sweeper"...) du son des hollandais.
Les guitares sont toujours aussi incisives, même si elles lorgnent désormais vers un thrash coupé à un death suédois technique et ravageur. Le chant est agressif à souhait, se rapprochant régulièrement d'hurlements typiques death. De toute façon, Sattler ne peut qu'être agressif pour scander les textes pour le moins expressifs de
Into The Lungs Of Hell! Toujours autant fermement opposés à la religion, ceux-ci adoptent également une portée plus politique (notamment sur "Enemy Of The State"), fait relativement nouveau chez
God Dethroned pour être souligné.
"Subliminal" démontre que les hollandais n'ont pas perdu la main, tout comme l'excellent "The Tombstone"!
Le son de
God Dethroned sur cet opus a lui aussi bien changé, puisque ces derniers ont décidé de l'enregistrer en Suéde. Le résultat est étonnant: à la fois puissantes et monstrueuses, les compositions s'en voient vraiment mises en valeur, à l'image de "Gods Of Terror".
Pas mal de nouveautés donc, mais quelques petites déceptions également, surtout au niveau des atmosphères des morceaux. Le côté black-death des débuts a quasiment disparu. De plus, les compositions de
Into The Lungs Of Hell tournent rapidment en rond, et c'est bien dommage quand on connaît le potentiel de ces gaillards... Même avec seulement neuf morceaux (pour l'édition normale), cette triste impression d'avoir déjà entendu ce plan sur le morceau précédent s'empare de l'auditeur.
Mais on ne peut blâmer ces hollandais, qui travaillent leurs sonorités jusqu'à trouver la bonne formule! Et puis "The Warcult" ou "Slaughtering The Faithful" sont là pour envoyer le boulet, et c'est bien là ce qu'on leur demande!
Alors que penser de
Into The Lungs Of Hell? Et bien que
God Dethroned évolue à son rythme et peaufine son son au fil des albums. Le combo poursuit son orientation plus death mélodique (et technique) proche de la scène suédoise. L'arrivée derrière les fûts d'Ariën rend les neuf pièces de cet album bien plus puissantes qu'auparavant. En revanche, le délaissement des parties black-death de Bloody
Blasphemy et les compos trop proches les unes des autres peuvent décevoir ou lasser (selon le cas) l'auditeur.
Pas leur meilleure réalisation, mais bon album quand même.