Alors que la scène de l’Est était autrefois synonyme de médiocrité, l’émergence du Metal et surtout de moyen techniques dans ces pays a tout même fait émerger quelques groupes forts intéressants. On pense à
Drudkh, Negura Bunget, Lucifugum, etc.
C’est aujourd’hui sur la Bosnie-Herzégovine que notre exploration de la scène se porte.
Jovan, musicien très actif au sein de la scène underground de son pays est l’unique compositeur de groupes comme Prorok par exemple,
1389 et bien d’autres.
Comme le nom de
1389 est en train de se faire une petite renommé dans le monde de l’underground, il fallait en savoir plus.
Si le patronyme du groupe semble soigneusement pompé sur les Norvégiens de
1349, il faut savoir que ces derniers ont choisi ce nom macabre qui rappelle la propagation de la grande
Peste Noire en Europe. En revanche, notre Bosniaque a choisi sa la date de
1389, plus martiale, qui est celle d’une bataille contre le Kosovo.
Niveau musique, il ne faut pas s’attendre à grand-chose d’original, si ce n’est un Black Metal underground, raw et dans l’esprit des vieilles prods du genre.
Si on peut rapprocher certaines compos à du bon vieux
DarkThrone, il manque clairement ce petit quelque chose pour faire vraiment décoller l’auditeur. On ne ressent pas vraiment d’ambiances sombres, pas vraiment d’angoisse, il manque cette touche de folie qui ferait de
1389 un groupe réellement intéressant.
Et c’est sans parler de la production qui est sale à souhait. Si chez certains groupes cette sensation d’écouter un disque enregistré dans une cave a un certain charme, ici, on ne ressent rien de particulier. A la limite, on pourra être frustré de ne pas bénéficier d’un son légèrement meilleur. Les rythmes sont trop peu variés, et on s'ennuiera très vite.
Le chant est lui aussi bien pauvre et peu original. C’est bien dommage car cette touche de folie qui manque aux instruments aurait très bien pu se retrouver dans le chant. Mais le manque de variété rend le disque un peu longuet, le manque de violence musicale renforce aussi cet aspect d’ennui. Et c’est vraiment regrettable car on sent que ce groupe a les moyens de faire une musique plus sombre, plus violente et surtout, moins chiante.
Au lieu de cela, on stagne sans cesse dans un Black Metal qui se revendique de la mouvance True et underground, mais qui ne fait que copier les grands noms, et ce, sans y ajouter vraiment de touche personnelle. Le manque d'intérêt que porte ce disque serait-il lié au fait qu'il s'agit d'une autoprod ? Pas sûr car certains groupes s'en sortent vraiment mieux, et ce, avec la contrainte de l'autoproduction.
Zima est donc un album qu’il aurait été préférable de laisser mûrir un peu, d’autant plus quand on sait que Jovan a sorti une bonne poignée de disques cette même année, et deux rien que pour
1389, un autre plus intéressant pour son autre projet Prorok ainsi que pour Odium Malum, et d'autres projets parallèles.
La précipitation ou alors le manque d’investissement font de ce disque un album de plus dans la scène Black, rien de plus, un album qui tombera certainement très vite aux oubliettes après une ou deux écoutes.
On notera aussi un petit truc amusant, qui m’a en tout cas fait sourire : sur la pochette, le titre de l’album est écrit avec une police peu conventionnelle pour du True Black, et pour le Metal en général, à savoir du Comis Sans MS !