Asgaroth... Avec un patronyme pareil, on pourrait croire à une formation de trve-black originaire du fin fond de la Norvège, mais il n'en est rien, puisque cette joyeuse troupe nous arrive d'Espagne. Alors on est bien dans du black, mais pas dans le sens habituel du terme, puisqu'
Asgaroth verse dans un black assez avant-gardiste, avec des sonorités électroniques par certains moments. Concept étrange, la musique de ces espagnols n'est pas vraiment facile d'accès.
Ici, leur troisième opus Red Shift nous servira de cobaye pour disséquer l'orientation musicale de ces braves gens.
Dès l'intro de "Naked Eye", on sent que la musique sera poussée par des claviers aux relents atmosphériques. Les nappes de clavier et autres choeurs prédominent sur la totalité des onze compositions, souvent relayés par un chant clair quelque peu déroutant (voyez par ici qu'il ne convient que moyennement aux growls pratiqués par Mythral).
La totalité de ce Red Shift s'inscrit dans une continuité quelque peu éparpillée, puisqu'aucun morceau ne se ressemble. Alors cela pourrait être plutôt bon signe, mais ici il est difficile d'accrocher à tout cela, de relever une quelconque cohérence. Difficile également de repérer ne serait-ce qu'un semblant de trame de fond liant le tout. Trop confus, voici ce qu'on peut reprocher à cet opus.
Je disais plus haut que la musique d'
Asgaroth est loin d'être facile d'accès, je m'explique. Les onze morceaux de ce Red Shift ne possèdent pas réellement de structures, on passe de choeurs gothiques à des pseudo-refrains, le tout baignant au beau milieu de nappes de claviers trop poussées, sensation assez déroutante et finalement très pénible à la longue.
Pourtant, les espagnols ont travaillé leurs morceaux, et ça se voit. Ils n'hésitent pas à y incorporer de multiples éléments "tout en finesse", mais le résultat se veut trop brouillon et faussement sombre. Cependant, les musiciens tentent d'instaurer une atmosphère plus ou moins noire ("Buried", "Descent To Dion"..), contre-balancée par des envolées majestueuses ("Mindscape"), qui heureusement jouent en faveur d'
Asgaroth.
L'autre gros point faible de ce Red Shift réside dans un mix vraiment mal foutu, dans lequel guitares et basses se retrouvent bien loin (trop?) derrière les claviers. Du coup, la désagréable sensation d'une musique molle de la tige s'empare de l'auditeur, et ce même en boostant les basses à fond. Et cela, bande de metalleux, avouez que ça peut vous faire grincer!
En clair,
Asgaroth nous pond un Red Shift assez déroutant, digne d'un fourre-tout musical aux structures alambiquées aussi complexes qu'étranges. Les claviers ont une place importante, bien trop souvent au centre de la composition. Quelques morceaux sortent du lot ("Naked Eye", "Mindscape", "Sharpedge Solitude") sans vraiment être transcendants non plus. Grosse déception au niveau du mix ayant presque oublié guitares et basses ! Bref, réservé aux amateurs d'avant-gardisme musical, cet opus pourrait bien décevoir le fan d'ambiances sombres et glauques desservies par une production à la hauteur...
A réécouter dans dix ans!