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Chroniques :: Chronique de Dark Passion Play

Chronique de Dark Passion Play

Nightwish  - Dark Passion Play (Album)

Dark Bouffons Play



Tuomas Holopainen a viré Tarja Turunen d'une façon particulièrement vulgaire, voire dégueulasse avec sa lettre ouverte. Cela pourrait ressembler à une quelconque conclusion amère de fin de vie d'un groupe. Voire à un suicide commercial. Le compositeur est cependant sûr de son fait. Sa musique suffira à faire oublier celle qui a donné une once (jeu de mot volontaire, pour les tomates, pas trop pourries s'il vous plaît, un peu blettes, ça peut faire une chouette sauce) d'originalité au groupe avec ses talents de chanteuse. Elle qui était mise en avant. Elle qui parvenait à couvrir la platitude de bon nombre de chansons par sa voix. Et on peut continuer comme ça un long moment. Once, d'ailleurs, aura été un indice, vu que les capacités vocales de Tarja n'avaient pas toutes été exploitées, le chant était plus simple, plus direct (mais toujours très bon).

Sa remplaçante, la "chanceuse" comme on disait alors, se nomme Anette Olzon. Une parfaite inconnue de 36 ans alors, qui avait officié dans un groupe rock, Alyson Avenue. Elle est suédoise, ce qui peut paraitre étonnant, comme si Nightwish cherchait à s'écarter quelque peu de ses racines finlandaises. Et assurément, le style de chant n'est pas du tout le même que celui de Tarja.

Mais qu'en est-il de la musique ? Ici, on assiste à un virage artistique évident. L'ambiance vire pop goth ponctuée de quelques montées en puissance pas toujours savamment orchestrées. Si l'on s'attarde sur le premier morceau de la galette, The Poet And The Pendulum, on remarque que tous les défauts de Nightwish y sont cristallisés, notamment un certain degré de mégalomanie propre à Tuomas Holopainen, avec sa volonté parfois déplacée de vouloir se hisser au niveau d'une musique de film. Il est vrai que The Poet... est ambiancé et qu'on y retrouve une certaine forme épique plus réussie globalement que sur le fade Ghost love Score de Once. Mais il dégage également de la mollesse, due à un chant trop pop, trop aigu. Les montées en puissance sont synonymes d'incursions du bassiste Marco Hietala derrière le micro. Son style plus haché est propice à un énervement général bienvenu, mais tout retombe à plat lors de la dernière partie où la cassure est symptomatique de son compositeur : mal venue, grossière, un enchaînement tellement incongru qu'il en est déplaisant à l'oreille.

Le groupe s'entoure encore d'une formation classique, pour accentuer le côté orchestral des chansons et cette volonté BOF qui en devient gênante. La batterie est ici plus en retrait, la guitare moins imposante. Quand elle se fait entendre, on reconnait les plans traditionnels de Nightwish, sans grand renouvellement. Il y a bien Master Passion Greed qui sonne particulièrement heavy. On notera que pour ce genre d'exercice, Anette est écartée pour laisser la parole à Marco en solo. Anette avait affirmé qu'elle n'avait pas voulu poser sa voix sur cette chanson pour éviter de se mettre en porte à faux avec Tarja vu que les paroles sont un pamphlet pour l'ancienne chanteuse... Belle preuve de maturité pour certains, de bassesse honteuse pour d'autres...

Malgré des choeurs bien pensés, l'apport de l'orchestre classique dirigé par Pip Williams, le disque reste relativement plat. Il manque de puissance, il lui manque le savoir-faire d'un Therion. Passé la première partie, Nightwish retombe dans ses travers en en proposant une seconde moins inspirée, flirtant parfois avec le gnangnan (For The Heart I Once Had) où le chant d'Anette est insupportablement pop.

Le disque est long. Bien trop long et manque cruellement de dynamique dans l'ensemble. Le mélange entre les parties orchestrales et électriques est parfois décevant car trop brouillon (Whoever Brings The Night). Il arrive aussi que le groupe se complaise dans une certaine platitude pour offrir deux minutes de bonheur (Meadows Of Heaven lénifiante au possible, tout juste sauvé par un final gospel majestueux). Le tout est en définitive moyen, les coups d'éclats étant brisés par des coups du sort désastreux.

Bien sûr, on peut imaginer ce qu'aurait pu donner un tel album avec Tarja au chant. Là, on peut penser qu'il aurait été plus heavy. Mais certainement pas plus modeste. Un crevage de melon va devenir essentiel pour certains s'ils ne veulent pas que Nightwish descende dans la division 2 du metal. Là, le groupe reste dans une espèce de ventre mou, ni bon, ni mauvais, mais banal. Et quand on a aimé les premiers efforts, c'est navrant.

 8 
10

Dark Passion Play



Bon OK je me lance. Pas facile de faire la critique du CD le plus controversé de toute l’histoire du métal, surtout après tout ce qui a été écrit dessus en bien, en mal ou même en tentant de rester objectif (si, si, y en a qui essayent). Mais c’est pas une raison pour ne pas s’y attaquer alors commençons par faire la part des choses.
Moi aussi je suis fan des CD précédents de Nightwish, et si les scientifiques réussissaient à concentrer Wishmaster dans une seringue j’aurais plus de veines du tout. Mais le fait est que Tarja a quitté le groupe, peu importe que ce soit de son plein gré ou non, elle en avait l’intention avouée. Et contrairement à ce que pas mal de fans ont l’air de croire inconsciemment, elle ne reviendra pas. Certes, le groupe continue à exister, mais sa musique ne sera plus jamais la même.
Alors on a le choix. Soit on préfère Tarja, soit ce qu’est devenu Nightwish. Aucun des deux n’a beaucoup de ressemblance avec le groupe que nous étions tous d’accord pour aimer, mais tous deux en ont gardé quelque chose. D’où la difficulté du choix.
J’ai aussi écouté My Winter Storm, et j’ai préféré Dark Passion Play. Je ne prétends donc pas que mes chroniques pour ces deux CD soit très objectives, parce que mon choix est fait. Mais j’essayerai de l’être sur la description.

Passons aux aspects techniques. On a souvent dit que Annette avait un moins bon niveau que Tarja ; c’est inexact. Elles n’ont simplement pas la même voix ni la même technique vocale. Notre nouvelle chanteuse, on l’aura remarqué, a une voix beaucoup plus aiguë et une technique de chant inspirée du jazz, alors que l’ex-égérie était un pur produit de l’opéra classique. En conséquence, Annette serait à peu près incapable de chanter Diva and the Opera et peine considérablement sur Nemo, Sleeping Sun et les autres. Par contre Tarja ne pourrait produire le même effet et Bye Bye Beautiful ou Amaranth lui donneraient certainement du fil à retordre.
En revanche, dans des chansons comme Eva, la voix d’Annette n’est pas vraiment à sa place, pas avec ce qu’ils avaient fait avant. Mais si on l’écoute avec attention, on se rend compte qu’elle met dans son chant une multitude d’inflexions qui donnent beaucoup de charme à la piste, et qui lui permettent de se démarquer de Tarja.
Autre aspect qui peut être sujet à polémique, la présence de la voix de Marco. Il interprète entièrement deux des pistes, Master Passion Greed et The Isander, et intervient dans plusieurs autres. Il possède une bonne voix de ténor, qu’il sait adapter aux différentes ambiances : tantôt mélancolique, tantôt violente, même romantique dans While Your Lips Are Still Red, une chanson composée pour un film finlandais, qui figure dans les pistes bonus. A noter que The Isander possède un aspect chanson de marin assez original, bien en accord avec l’esprit de l’album mais pas du tout avec celui de départ, ce qui a rebuté pas mal de fans.
Il faut aussi reconnaître que le groupe a rajouté une bonne couche de heavy dans ces chansons, par exemple dans Master Passion Greed ou Whoever Brings The Night, avec moins de mélodies classiques, des rythmes plus marqués et plus métal.
Il est un autre aspect de l’album qu’on se doit d’évoquer, c’est le ressentiment contre Tarja qui s’en dégage. Bye Bye Beautiful est la chanson qui en parle le plus clairement, et avec le plus de violence, mais deux autres y font allusions en termes plus obscures : The Poet And The Pendulum et Master Passion Greed. Ca fait beaucoup. Mais de tout évidence, Tuomas avait accumulé une très grande rancœur contre son amie d’enfance; qu’il éprouve un sentiment de trahison n’est ni étonnant ni nouveau, la lettre à Tarja en témoigne. Mais il faut bien reconnaître que Bye Bye Beautiful n’est pas loin de la haine : la violence du refrain, les paroles énigmatiques (« les collines sont lasses de peindre une tête d’homme mort avec leur propre sang »), les reproches (« Did you ever hear what I told you /Did you ever read what I wrote you) ; tout cela crée une atmosphère dépassant celle du simple blâme. Encore une fois c’est à chacun de juger.

Bref, le groupe ne produit quelque chose de bon que quand il se démarque de son style de départ. La voix d’Annette est largement assez belle pour produire une musique de qualité ; et le groupe possède encore pas mal d’atouts. La voix de Marco en est un qu’il ne faut pas négliger ; et le talent de Tuomas est toujours là. Des chansons comme Last of The Wild ou For The Heart I Once Had en témoignent, même si, du fait de la voix très modulée d’Annette, l’accumulation de multiples nuances est parfois un brin excessive.
Un tout petit conseil : si vous voulez quand même retrouver le fabuleux opéra métal que faisait Nightwish, essayez Demether

(1) Modifier l'article
par Ouraz, le 3 juillet 2008
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Avis des chroniqueurs :  
 6 
10
NanoRoux
 



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Commentaires


Voir les 8 commentaires précédents
Sexy ? Ok, le dernier clip de "Sleeping Sun" est très sexy, mais "Bye bye beautiful" ...
jeu. 22 oct. 09- 17:15  
T'as pas compris ...
Tout comme les clips de base, le clip de Bye Bye Beautiful a joué sur la mise en valeur de fille.
Un peu comme les rappeurs qui vont mettre des demoiselles peu farouches qui nettoient leur voiture ou autres mises en avant de femmes juste pour donner de l'intérêt à un clip complètement plat. Donc "inutilement sexy".

sam. 24 oct. 09- 09:51  
J'ai bien compris ton idée ...
Mais "B B Beautiful" n'est même pas sexy, c'est ca que je veux dire. Donc même l'effet pourri est raté !

sam. 24 oct. 09- 11:55  


Dark Passion Play - Infos

Voir la discographie de Nightwish
Infos de Dark Passion Play
acheter sur Amazon
Sortie : 28 septembre 2007
Genre : Symphonique Lyrique
Label : Nuclear Blast
Playlist :
voir paroles : Voir les paroles
1. The Poet And The Pendulum (13:53)paroles de The Poet And The Pendulum
2. Bye Bye Beautiful (04:14)à écouter en premierécouterlistenparoles de Bye Bye Beautiful
3. Amaranth (03:51)à écouter en premierécouterlistenparoles de Amaranth
4. Cadence Of Her Last Breath (04:14)paroles de Cadence Of Her Last Breath
5. Master Passion Greed (06:02)paroles de Master Passion Greed
6. Eva (04:24)à écouter en premierparoles de Eva
7. Sahara (05:47)paroles de Sahara
8. Whoever Brings The Night (04:17)paroles de Whoever Brings The Night
9. For The Heart I Once Had (03:56)paroles de For The Heart I Once Had
10. The Islander (05:05)listenparoles de The Islander
11. Last Of The Wilds (05:40)paroles de Last Of The Wilds
12. 7 Days To The Wolves (07:03)paroles de 7 Days To The Wolves
13. Meadows Of Heaven (07:10)paroles de Meadows Of Heaven
14. The Escapistparoles de The Escapist
écouter : Ecouter l'album



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