Cet article n'a pas été écrit par un membre de l'équipe officielle de Metalship, et n'engage donc que son auteur, pas la rédaction du webzine.
Lorsque la première expérience Folkearth fut menée, elle ne comptait guère qu'une douzaine de musiciens, réunis sous l'égide de Marios Koutsoukos, musicien grec jusqu'alors assez peu connu. Son ami
Magnus Wolfart composait, lui se chargeait d'écrire les paroles.
L'idée était simple, et excellente : faire avec le folk ce que
Therion avait fait avec le classique ; réunir un maximum de musiciens d'horizons aussi bien folk que metal, fusionner les influences et les styles dans des albums aussi riches que diverses. Les aspects pratiques d'un tel projet avaient certes de quoi en décourager plus d'un, mais les miracles d'internet facilitèrent grandement les choses. Cependant, le premier enregistrement de l’album était de si mauvaise qualité qu'il dut être remasteurisé pour sa réédition.
Dans la liste des musiciens, guère de noms prestigieux, à une notable expression près :
Chrigel Glanzmann, membre emblématique et fondateur du groupe
Eluveitie, musicien hors pair maitrisant un nombre impressionnant d'instruments de musique traditionnels.
On était en droit d'attendre beaucoup du premier album d'un groupe né sous de si bons auspices. Dans les faits, malgré d'indéniables qualités, il présentait également des faiblesses plus que préoccupante pour l'avenir. On ne peut pas dire à proprement parler que A Nordic Poem soit un mauvais album, mais il est loin de révolutionner le genre.
Les compositions, tout d'abord. Malgré un charme indéniable, on ne peut leur enlever un caractère assez répétitif, et bien plus grave, une sous-exploitation manifeste des immenses possibilités réunies. Les mélodies restent plates, sans grande recherche ; l'alternance des voix et des instruments sonne plus comme une juxtaposition que comme une réelle association. La diversité que l'on pouvait espérer n'est donc pas véritablement au rendez vous, malgré de visibles tentatives en ce sens.
Par ailleurs, pour du folk metal, ça reste quand même un peu mou, et certains titres souffrent d'un certain manque de rythme.
En revanche, l'atmosphère folk est globalement assez réussie, et contribue puissamment à rendre l'album sympathique. Il faut tout de même noter que sur In Odin's Court, les tentatives pour créer une ambiance mystique sont assez ratées.
Le chant ensuite. On entend plusieurs types de voix, mais celle qui pré
domine est une voix masculine utilisant une technique assez curieuse, restant dans des notes médianes. Au début c'est sympathique ; elle évoque irrésistiblement un barde assis devant un feu de bruyère et chantant une antique légende... Malheureusement, elle possède un timbre très particulier, et un caractère un peu monocorde qui fait qu'on risque de s'en lasser rapidement. Or c'est celle qu'on entend le plus dans l'album. Curieusement elle est bien meilleure et bien plus variée sur Gryningssång, unique titre de l'album qui ne soit pas en anglais, mais en suédois.
Au passage, s'être cantonné à l'anglais est un des gros reproches que je fais à Folkearth : pourquoi avoir voulu rassembler des musiciens de différentes traditions, si c'est pour tous les faire chanter dans la même langue ? Sans doute pour des raisons techniques, mais il est tout de même dommage d'avoir du faire un choix aussi réducteur.
Pour en revenir au chant, le growl est en revanche excellent et très expressif, mais trop rare hélas... Quand au chant clair, féminin et masculin, rien à redire, si ce n'est qu'il manque parfois de relief.
Donc, même si au début c'est sympathique et on aime bien, c'est la lassitude qui finit hélas par l'emporter. Un album honnête, avec des aspects intéressants, mais également des faiblesses et des partis pris décevants, comme le choix du chant lead ou le fait de ne composer qu'en anglais. A noter que, pour un CD ayant été remasteurisé, la qualité du son est honorable.