L'année 2008 voit la sortie du sixième opus des australiens de
The Eternal, nommé Kartika. Pour ceux qui ne connaissent pas encore cette formation, sachez que c'est du côté de
Paradise Lost qu'il faut chercher. N'entendez pas par là qu'il s'agit d'une sale repompe des anglais, mais disons plutôt qu'il y a une inspiration plus qu'évidente...
Allez, espérons que cet opus pourra dévoiler le talent de ces australiens aux yeux du monde entier!
Alors voyons voir si ce Kartika est dans la même veine que Sleep of Reason.
Ce qui changeait le plus sur le précédent effort, c'était cette attirance vers un son de plus en plus doom. Ici, il n'en est rien, les influences lourdes ne sont que très peu retranscrites. Non, Kartika sonne le retour de
The Eternal à un son un peu plus british (si vous voyez ce que je veux dire...). Ainsi, cet opus se voit plongé dans une mélancolie ambiante, certes peu marquée mais assez présente pour être soulignée. Un chant clair expressif, des choeurs, des claviers omniprésents et une ambivalence guitares acoustiques et électriques sont les clés de la recette Kartika. Le son reste tout de même assez lourd, preuve que les australiens ont assez bien vécus le retour au source de
Paradise Lost!
Si l'on se penche de plus près sur la composition de cet album, on se retrouve avec de vrais bons morceaux bien foutus, à défaut d'être réellement originaux. Le trio "Silence"-"Without Reason"-"Lost Our Way" démarre Kartika de la plus belle des manières: solis parfaitement bien placés, refrains accrocheurs et notes de piano appuyant le sentiment mélancolique des compositions, bref, un plutôt bon début. Puis arrive "Self Inflicted", morceau vraiment intéressant, de par son approche Katatoniesque et ses choeurs dignes d'un Pink Floyd!
Je parlais précédemment d'originalité qui faisait défaut à
The Eternal, mais je dois bien reconnaître que le côté arabisant présent sur "Blood" ou encore "Silence" a le mérite d'attirer l'attention. Particulièrement bien exécuté, le voici réhaussant l'intérêt de compositions souvent trop proches de leurs influences.
Mais, la suite de l'opus n'est pas aussi joyeuse. Même si "Sunshine" et "Illuminate" s'en sorte à peu près, des morceaux comme "A Pale Reflection", "Brighter Day" ou encore "Means For An Ending" sont vraiment barbants et laissent dévoiler une carence certaine dans la longueur. Vraiment pas accrocheuses, les structures laissent place à une désagréable sensation du travail bâclé. Ajoutez à cela un second CD (dit "bonus") totalement dispensable et vous voici avec un opus mitigé.
The Eternal cherche donc à ajouter son grain dans la formule "Paradise Lost" qui marche si bien, et même si cela est réussi sur certains titres ("Blood", "Self Inflicted"...) le tout manque cruellement de cohérence. La première partie de l'opus est vraiment accrocheuse mais la suite s'avère effroyablement plate. Pourtant, les musiciens cherchent à foutre leurs tripes dans une musique sinçère...
Album bon, mais loin d'être excellent, il décrit la lente évolution de
The Eternal pour s'éloigner de ses influences.