Le premier album,
Pain, avait montré que
Peter Tägtgren, leader incontestable d'
Hypocrisy, n'était pas qu'un death metalleux, et qu'il avait d'autres cordes à son arc. Le mélange entre un metal lourd et les sons electro, limite techno par moment se montrait convainquant, même si moins dansant que celui pratiqué par
Rammstein.
Avec ce Rebirth, paru trois ans plus tard, Tägtgren appuie sur l'accélérateur. L'ensemble est bien mieux produit que le premier opus et le son est tout simplement massif. Un mur sonore qui fonce vers l'auditeur à pleine bourre, et ce dès le premier morceau, Supersonic Bitch. On reconnait sans mal ce mélange electro/metal avec ces sons synthétiques, ces guitares carrées et puissantes, les parties rythmiques qui apportent une note plus syncopée qui augmentent le côté artificiel de la chose, sans oublier la voix de Tägtgren, à la fois grave et agressive. Le ton est donné.
On retrouve plusieurs types de composition sur cet album. D'abord, les mid tempos, où Pain se montre très fort. Le glauque End Of The Line a un côté très dansant avec son refrain très catchy, On And On est également très sautillante, She Whipped s'habille de cuir SM des plus aguichant. Des low tempos, en majorité, où Tägtgren se montre très inquiétant, comme sur Suicide Machine, Breathing In Breathing Out, où le chant se teinte de tonalités plus désespérées également. Puis il y a ces morceaux rapides, Parallel To Ectasy et Crashed, dévastateurs tout en conservant cet esprit electro très cold wave dans l'esprit, véritables uppercuts qui envoient l'auditeur au tapis.
Rebirth n'aura pas connu de sortie en France en 1999, le marché hexagonale étant considéré comme euh... merdique par sa maison de disque. Et quel dommage. Avec ce disque, Pain aurait connu un impact bien plus important dans notre pays, un impact qui ne sera pas le même avec
Nothing Remains The Same très différent dans la formule. Ici, Pain était encore ouvertement metal, les parties pop se faisaient bien plus rares, sinon inexistantes. Un gachis en quelque sorte. Il n'est pas certain qu'un amateur des trois derniers opus de Pain trouve son bonheur avec celui-ci tant il est sombre et violent, mais il s'agit peut-être bien du meilleur opus du euh... groupe.