Il y a des groupes comme ça qui brouille les pistes concernant le style qu'ils pratiquent. Une pochette sombre, un nom de groupe rappelant une formation black-metal (devinez qui!), et un album au nom peu joyeux, tout comme chaque titres des morceaux d'ailleurs... "Cool, un petit groupe inconnu tapant dans le dépressif, sûrement du black ambiant, ou un truc comme ça" me disai-je en mon Moi intérieur. Et hop, ni une ni deux, me voici berné! Non, pas du black ambiant, pas du black du tout même!
Carpathian, c'est un jeune groupe australien évoluant dans un hardcore fortement teinté Metal. Isolation est leur second album, celui qui devrait peut-être les aider à percer en dehors de leur pays, grâce à une signature chez Deathwish. Action.
Le terme Metalcore est constamment utilisé de nos jours, désignant ainsi un style dans lequel trop de groupes se ressemblent. Ici, je suis tenté de dire que
Carpathian joue du hardcore-metal, à savoir une base hardcore avec de grosses grattes. Difficile à comprendre sur le papier, tout devient plus clair à l'écoute des dix morceaux de cet opus.
Alors voyons voir. Isolation est composé de morceaux relativement courts, pas plus de trois minutes (25 minutes en tout, c'est un peu juste tout de même...). La plupart sont plutôt lents, le chant lorgne vers le hardcore-screamo (mais sans variation dans le timbre), et la présence de phrases scandées en choeur par le groupe permet de garder en tête les origines musicales du combo.
Les compositions suivent à peu près toutes le même schéma: grosses grattes appuyant un chant hurlé assez efficace, puis le tempo ralentit pour laisser place à une dimension plus atmosphérique pas désagréable du tout. Ainsi, de bons morceaux à la fois mélancoliques et pêchus s'avèrent être très intéressants ("The Cold Front", "Sun Heights", "Seventyk" ou "Permanent").
Mais le groupe pêche un peu par son manque de personnalité. En effet,
Carpathian n'est pas une formation très originale dans son utilisation des bases hardcore et metal, mais Isolation est tout de même un album étrange. Etrange en effet, car on ne peut pas dire que mélanger des riffs aussi mélancoliques à cette base sur-utilisée soit extrêmement répandu (peut-être Comeback Kid, et encore). Quoiqu'il en soit, on ne peut nier que
Carpathian a essayé de pondre une musique sinçère et représentative de leur état d'esprit: difficile de ne pas sentir le désespoir sur "Seventyk"...
Un petit mot concernant l'artwork. Très réussi, il ferait passer
Carpathian pour un groupe de black scandinave! Comme quoi, l'habit ne fait pas le moine...
Au final, ce qui touche le plus après l'écoute de cet opus, c'est le désespoir que dégagent les textes et la musique du combo australien. Les riffs sont remplis d'une atmosphère mélancolique assez inhabituelle vu le style joué. Des morceaux comme "Cursed", "Insomnia", "Sun Heights" ou encore "Seventyk" méritent votre attention. Isolation n'est pas un mauvais album, loin de là, mais
Carpathian doit peaufiner encore son style afin de se sortir du marasme du metalcore, et ainsi confirmer les espoirs que l'on place en lui.
Espèrons qu'il saura à l'avenir proposer une musique un peu plus personnelle, mais surtout, toujours aussi mélancolique!