Jarboe... Un nom qui peut rappeler pas mal de choses à certains... Car, à l'image d'un
Peter Tägtgren au féminin, cette demoiselle, ex-leader des Swans, a participé à pas moins d'une soixantaine de projets différents! Sans vous parler de sa carrière solo, dont ce Mahakali est déjà son huitième album... Bref, encore une boulimique de musique quoi!
Ici, c'est ce fameux Mahakali que nous étudierons. Huitième album donc, sorti en 2008 chez Season Of Mist. Pour ceux qui ne connaîtraient pas
Jarboe, sachez que c'est avant tout un mélange de musiques expérimentales, totalement psychédéliques et surtout très spéciales...
A l'image de cette pochette étrange, Mahakali est sombre, très sombre. Tout comme la déesse Kali dont l'album fait référence, le beau cotoie le dégoût. En effet, cette sensation se retrouve au niveau des parties vocales de
Jarboe: tantôt mélodieuses et enchanteresses, tantôt damnées et terriblement noires. Les seize pièces (!) de cet album sont autant de créations totalement indépendantes les unes des autres, dans le sens où la demoiselle explore son monde avant-gardiste sans passer par le même chemin à chaque fois...
"The House Of Void" ou "Transmogrification" dévoilent les sombres desseins de
Jarboe, tel une vision apocalyptique d'un monde en proie à l'agonie. Les sonorités de Mahakali sont bercées par des riffs ultra-lancinants (qui deviennent du coup un fond sonore, et non plus des riffs à proprement parler), des percussions oppressantes, et des sons purement seventies.
Autre chose d'intéressant, l'apparition de deux bonshommmes, Attila Csihar et Phil Anselmo. Le premier sur "The Soul Continues", dans lequel il pousse à l'extrême la noirceur des compositions, par sa seule voix caverneuse et ultra-grave. Monsieur Anselmo sur "Overthrown", pur morceau de folk, à mille lieues de "The Soul Continues"...
D'ailleurs cette constatation souligne bien ce Mahakali: des morceaux totalement éloignés les uns des autres, des sonorités avant-gardistes et un psychédélisme seventies à toute épreuve, le tout baignant dans une noirceur évidente. Pour enfoncer le clou,
Jarboe nous balance un "Ascend" très bluesy, juste après un "Bornless" ultra-inquiétant (écoutez ce morceau et revenez me dire si vous ne vous êtes pas sentis mal à l'aise!)!
Un album qui part dans tous les sens, la voix (ou les voix) de
Jarboe nous retient dans son monde sombre, comme une séance d'hypnose qui tournerait mal (la belle impression que cette personne nous hypnotisant devient subitement folle!). Difficile d'accès, vraiment, ce Mahakali ne se dompte pas facilement, tellement l'expérimentation est poussée à son paroxysme. Donc, messieurs les auditeurs, avant de vous lancer à la conquête de ce Mahakali, sachez qu'il vous faudra être prêt à explorer le monde apocalyptique de
Jarboe...
Au final, un huitième album difficile à appréhender, fait de morceaux tellement divers qu'il en devient quasi-impossible d'en dégager une certaine cohérence... L'univers chaotique de
Jarboe se dévoilant à chaque titre, l'impression qu'il peut se passer absolument n'importe quoi avant la fin me rend perplexe. Peut-être n'ai-je pas l'ouverture d'esprit nécessaire pour appréhender pleinement cette oeuvre...
Pourtant, il y a de bonnes choses ici, notamment le duo avec Attila Csihar, ou encore "The House Of Void", mais j'ai assez de mal à pénétrer dans le psychédélisme de
Jarboe. Quoiqu'il en soit, je vous conseille d'écouter ce que cette demoiselle a à nous dire...
Juste une chose, préparez-vous pour un voyage vraiment à part...