Pour beaucoup, les italiens de
Graveworm agissent depuis leurs débuts dans l'ombre des formations à succès comme
Cradle of Filth et
Dimmu Borgir, à tort ou à raison, là n'est pas la question. Quoiqu'il en soit, leur Black Metal mélodique aux forts relents symphoniques a avec le temps trouvé son public, et s'est progressivement détaché des formations avec lesquelles on le compare.
En 1997,
Graveworm était un illustre inconnu qui se lançait dans le bain avec un premier EP,
Eternal Winds.
Si le Black Metal dit symphonique fait fureur en Europe à la fin des années 1990, de plus en plus de formations se jettent dans le style en espérant grandir et exploser à la face du monde. Seulement, toutes n'ont pas le talent et l'inspiration nécessaire pour y parvenir... En revanche,
Graveworm, eux, l'ont et ce dès ses débuts.
Avec son premier EP, le groupe italien mené tambours battants par un Stefan Fiori toujours dans le coup frappe fort. Bien qu'inspirée du succès incompris pour certains des
Dimmu Borgir et surtout
Cradle of Filth, cette sortie possède sa propre patte, son propre son. Les claviers sont donc logiquement mis en avant, les guitares et la rythmique se rapprochent elles d'un Black Metal plus classique et le chant growlé se fait bien souvent menaçant. La recette est simple et paraît vue et revue, mais replacé dans son contexte, cet EP promettait de grandes choses pour
Graveworm.
Dès "Tears From my Eyes", le groupe italien laisse entendre que cet EP sera atmosphérique ou ne sera pas. A l'instar du
Dusk... And her Embrace de la bande à Dani Filth sorti un an plus tôt,
Eternal Winds développe une musique romantico-vampirique aux ambiances fortement palpables. Et forcément, ça passe par un usage omniprésent du clavier, qui tisse de véritables mélodies à la mélancolie touchante ("Eternal Winds", "Lost Youreslf"...). Il ne sera donc pas rare que le combo italien parvienne à faire voyager son auditeur dans les méandres de son Black Mélodique et foncièrement accrocheur...
Aux côtés de ce clavier retentissant, il ne faut pas oublier le travail remarquable apporté aux guitares, qui elles aussi permettent de plonger l'auditeur dans le monde triste de
Graveworm. Que ce soit dans des riffs black ou des arpèges sensibles ("Lost Yourself"), un soin tout particulier a été apporté aux six-cordes pour varier les sonorités d'
Eternal Winds. En cela, les compositions nagent en plein dans le style dicté par un certain
Emperor, et c'est une parure qui correspond plutôt bien à la musique des italiens...
Car même si les comparaisons sont évidentes, il faut bien reconnaître que
Graveworm possède une inspiration vraiment intéressante.
La production sonne naturellement ancienne, mais ce n'est pas un défaut pour autant, car même si l'intro de "Tears From my Eyes" parait fade, les arrangements apportés bénéficient d'un grain authentique qui rend les interludes franchement convaincants (notamment sur "When the Sky Turns Black"). Un enregistrement qui a finalement bien vieilli, en somme...
Même si cet
Eternal Winds n'a plus grand chose d'original maintenant, cet EP possède malgré tout son lot de morceaux inspirés et d'atmosphères intéressantes. Il est clair que le potentiel de
Graveworm était déjà à l'époque plus qu'affirmé, et ce n'est pas étonnant que la suite de la carrière des italiens se soit vu couronnée de succès avec de tels débuts...
L'inspiration décisive bien présente, tout comme le grand soin apporté dans les détails, font de cet EP une excellente mise en bouche pour découvrir la musique de
Graveworm, et il y a fort à parier que l'amateur de Black Mélodique se retrouvera dans cet EP.