L’évolution artistique de certaines scènes est inéluctable. C’est d’ailleurs ainsi qu’elles murissent, grandissent et se transcendent. En élargissant leurs champs imaginatif à d’autres univers à l’aide de métissages, de changements, pas nécessairement les plus évidents, et parfois même les plus improbable, les groupes peuvent donc s’exposer, à découvrir des contrés créatives plus prometteuses encore, mais s'éxposent également aux dangers de l’échec. Pourtant si certains n’hésitent pas à franchir le pas angoissant et souvent périlleux de ce bouleversement, d’autres moins inspirés continuent, de manière ridiculement opiniâtre et dérisoirement sincère, à défendre les propos de musiques totalement désuètes. Si la démarche de cet immobilisme est déjà dangereusement délicate pour les plus talentueux inspirateurs, elle le devient d’autant plus pour ceux qui ne sont jamais que de géniaux inspirés.
Annoncé comme la plus encourageante alternative à
Edguy, les allemands de
Saidian n’en était alors, en réalité, à l’époque qu’une ombre relativement doué, mais relativement convenu et prévisible. Cette comparaison flatteuse apparus à l’écoute d’une musique à la parenté évidente, était rendu plus évidente encore lorsque Markus (
Engel) Engelfried dans des attitudes, des intonations, des aigus et des trémolos offraient les similitudes déconcertantes d’une filiation flagrante avec Tobias Sammet.
Comment aborder de manière la plus objective possible ce Evercircle, déjà troisième album du groupe, sans parler de ces ressemblances ? Car si autrefois elles pouvaient apparaitre comme alléchantes, elles ne sont plus aujourd’hui qu’un lourd fardeau face à paysage musical désormais en pleine mutation. A la force de ces dix titres dont la plupart son très scolaires, académiques, ordinaires,
Saidian tente d’insuffler un souffle revivifiant à une scène qui semblent irréversiblement à l’agonie. Certains se laissent agréablement écouter, offrant les plaisirs minimes et périssables d’instant épouvantablement coutumiers et bien vite oubliés, tels que le véloces Out of the Shadows, Moonlight Calling et son sempiternel préambule au piano, mais aussi
Sigh in the Sky, ses rituels claviers fatiguant et son refrain terriblement habituelle, ou encore The Princess et son chorus directement puisé dans les mélopées de Tobias Sammet (l’efficacité en moins), et surtout les douceurs langoureuses d’une jolie balade obligatoire Once in My Dreams. Malheureusement d’autres souffrent de défauts bien trop fâcheux pour que l’ensemble de cette œuvre nous séduisent suffisamment. En effet un regrettable Tokyo, ou encore un désespérant Salomon’s Dance, et leurs mélodies de claviers au son affreusement obsolètes viennent couronner nos certitudes sur cet ennui incontestable qui ne cessait de nous gagner.
Bien trop marqué de l’empreinte surannée d’un
edguy, bien trop quelconque, bien trop en décalage avec l’évolution actuelle, ce Evercircle est un anachronisme inintéressant qui saura sans doute, mais j’en doutes, satisfaire les adeptes les plus férues du genre, mais qui ne saura jamais s’inscrire dans le temps.