Il est toujours difficile d'appréhender une compilation ou un best of. Comme la désignation l'indique, on est sensé ne trouver que le meilleur de ce que fait un groupe dessus, espérer un inédit ou deux pour les die hard fans. Pour certains, ça complète une collection, pour d'autres, c'est une façon de découvrir des artistes, et ce, certainement pas de la meilleure façon qui soit. Et
The Ozzman Cometh s'approche de cette singularité. Parce que si le cas Ozzy est connu, que sa carrière est connue de tous, il est difficile de voir une vraie logique à l'ensemble.
On pardonnera les emprunts à
Black Sabbath. Après tout, Ozzy en a été le chanteur charismatique et même si les versions studio de
Black Sabbath et de
War Pigs sont proches de l'abus de confiance pur et simple même s'il s'agit de versions démos (était-ce à Ozzy de les proposer sur un best-of qui lui est consacré ou la logique aurait voulu que ce soit ses anciens collègues qui en disposent ? Vous êtes seuls juges),
Paranoid en live est une évidence vu qu'on la retrouvait aussi bien sur le Speak Of The Devil que sur le Tribute de 1987. Une façon comme une autre pour Ozzy de prendre de grands raccourcis dans sa carrière solo, comme s'il avait toujours ce besoin de s'attacher à ce passé glorieux, comme s'il avait honte de ce qui est paru sous son nom seul.
Deux albums semblent trouver grâce à ses yeux :
Blizzard Of Ozz et
No More Tears, représentés chacun par trois morceaux. La meilleure façon de comparer le jeu flamboyant de feu
Randy Rhoads et celui plus gras de Zakk Wylde à la guitare. Les qualités ne sont pas les mêmes, l'inspiration et la manière d'approcher l'exercice de solo divergent, mais il apparait clairement qu'ils sont les deux guitaristes les plus influents pour le père Ozzy.
Mais que penser alors des albums Diary Of A Madman,
Bark At The Moon,
No Rest For The Wicked et Ozzmosis ? Tous sont représentés par un titre, pas toujours le plus évident, celui qui dégage le plus de puissance ou qui fait montre de l'inspiration la plus fulgurante. Ainsi,
I Just Want You aura été préférée au heavy
Perry Mason pour illustrer Ozzmozsis, quand c'est
Shot In The Dark qui sert de faire-valoir à
The Ultimate Sin plutôt que le morceau titre ou l'épique
Killer Of Giants. D'ailleurs, selon les versions (nombreuses) de la compilation,
Shot In The Dark se voit remplacée par le
Miracle Man de No Rest... pour de sombres histoires de droits d'auteurs non payés à
Phil Soussan. Et du coup, une fois de plus,
The Ultimate Sin d'être injustement oublié et écarté... Quant à l'inédit figurant sur le best of,
Back On Earth, il s'agit juste d'une chute de studio d'Ozzmosis, qui présente en lui-même peu d'intérêt, sinon d'être inédit, justement.
Bref, cette compilation est à prendre comme un bilan de carrière pour
Ozzy Osbourne. On ne peut pas vraiment faire la fine bouche sur la qualité de l'ensemble, on peut s'attarder sur des choix qui cassent le cocon de ce qui est sorti sous le nom seul du Madman pour toucher à sa gloire passée, quand il était l'obscur chanteur des inventeurs du heavy metal. Les collectionneurs s'évertueront à trouver les différentes versions, les néophytes auront une vision d'Ozzy de
1980 à 1995 avec un détour forcé par la sainte année 1970. L'auditeur lambda, quant à lui, peut passer à côté de l'objet.