Psykotic Dreams ou la modestie incarnée.
Annoncé comme LE groupe qui va redonner un nouveau souffle à la scène française, on se doit de poser une oreille sur ce groupe ! Quand on connaît les exploits de
Gojira,
Hacride, ou même
Eths dans une moindre mesure, on est en droit de se demander ce que va bien pouvoir apporter ce groupe si ambitieux qui voudrait détrôner ces grands noms.
C’est après une intro fort judicieusement agencée que l’on plonge dans le monde de
Psykotic Dreams. Et c’est avec une grande déception que l’on tombe dans un disque qui sent le rap à plein nez. Avec ce chant clair français hurlé et haut perché, on entre carrément plus dans un monde régit par les ‘cailles-ra’/blingbling/jogging jaune fluo/casquette rose/chaussette-remontée-par-dessus-le-jogging, etc. que dans l’univers de grands chevelus tout de cuir vêtus.
Alors parler de ‘rap’ à proprement parler est peut-être abusif, le terme ‘hardcore’ serait peut-être plus approprié, certes, mais les aspects ‘rap’ du chant sont tellement frappant que l’on ne peut s’empêcher de faire l’amalgame…
D’un point de vue strictement musical, oui, on est plus dans le domaine du hardcore pur et dur, et donc pas tout à fait dans le monde du Metal en fait. On ne peut nier la puissance explosive des guitares, le travail fort judicieux de celles-ci au sein de cet album
Désirs et Perversions. On peut même sentir un certain groove évident tout au long de l’album, ce qui n’est pas négligeable. Le son est moderne, efficace et puissant. Le chant, bien que très rap, fait inévitablement un travail qui colle parfaitement avec le reste.
Par contre, l’homogénéité de l’album ne semble pas être la priorité première du groupe. L’enchaînement entre les pistes se fait d’une manière assez… personnelle, dirons-nous…
Un morceau très violent s’achève et laisse place brutalement à une intro très calme, l’auditeur est un peu déstabilisé.
On trouve des pseudos-ballades en milieu d’album comme Burden qui vient casser un peu la dynamique du disque.
Certaines intro sont plutôt bien travaillées mais le chant et ses paroles viennent tout gâcher. On pense à Notre Monde par exemple qui en est presque risible malgré la gravité des paroles. Et pourtant, on partait bien avec une belle intro et des mélodies plutôt bien choisies. Un peu comme sur Tears en fait… Dommage…
Mais on sent que quelque chose ne va pas. Et pourtant, on sent vraiment un réel investissement de la part des musiciens, un investissement qui transpire tout au long de l’album et qui se fait vivement ressentir. On sent une volonté de mélanger les genres et de se les approprier pour les remanier, mais il manque ce petit quelque chose…
Avec ce disque, soyons clairs,
Psykotic Dreams ne redonnera pas un second souffle à la scène Metal française. A la scène hardcore ou Néo-Metal, peut-être, mais les aspects trop rappés ne seront certainement pas accueillis à bras ouverts par la majorité des Metalleux. Cependant, le travail et l’acharnement qui se ressent à travers l’album méritent d’être salués. On notera tout de même des morceaux comme Désirs qui sortent un peu du lot, mais le chant peut vite devenir insupportable pour qui n’est pas habitué.