Après un Habemus Metal au succès critique et populaire sans précédent mais qui, selon votre humble serviteur, s'égaraient en des méandres bien trop académique, Bruno Dolheguy et ses comparses s'évertueront à défendre, sans relâche, leur musique sur de nombreuses scènes
non seulement hexagonale mais aussi saxonne avec notamment une apparition au Keep It True Festival si chers à Tarek Maghary.
Ce n'est qu'au crépuscule de cette année 2003, riche en événement pour lui, que le groupe va finalement se décider à sortir son deuxième album live. Enregistré le 22 mars de cette même année à La Bastide Clairence, en ses contrées basques toutes acquises à sa cause, l'album s'intitulera Le Côté Live.
Si nous pouvons, au gré de nos divers partialités, débattre subjectivement quant aux qualités artistiques, prétendues ou
non, des œuvres studios de
Killers, nul ne pourra, sans une mauvaise foi manifeste, nier le caractère exalté, efficace et fédérateurs dont sont coupables, sur scène, ces basques.
Pourtant, d'emblée, l'inquiétude est de rigueur face à cette nouvelle offrande dont la sortie remémorent amèrement, en nos esprit, les pénibles souvenirs d'un précédent album live, Ennemi en Public, dont certaines tares pourraient préfigurer de ce que sera cette nouvelle tentative.
Il nous faudra donc considérer plus précisément encore ce nouvel effort pour déceler si ces imperfection demeurent douloureusement récurrentes.
En premier lieu, évoquons la sélection des titres composant ce Côté Live qui semble, à première vue, cette fois ci, bien moins fâcheuse. Délaissant entièrement le moyen Contre Courant et ne reprenant que le meilleur d'Habemus Metal (Le Côté Sombre, Madarikatua, Bienvenue en Enfer et HM 2002), l'opus n'oublie pas de faire la part belle à certaines des œuvres de jeunesse du groupe. Ainsi nous pouvons retrouver ici des titres tels que les excellents Le Fils de la Haine,
Killers ou encore, par exemple, L'
assassin et Rosalind qui sont toujours de superbes moments de partages entre
Killers et son peuple).
Bien sur, certains esprits exagérément critiques pourront faire valoir que nombres des titres, sept pour être tout à fait précis, composant ce Côté Live apparaissaient déjà sur Ennemis en Public (Clandestinité, Chevaliers du Déshonneur, Ametsetan, Délire de Mort, Rosalind, l'
Assassin et la superbe reprise de Barbara l'Aigle Noir). Mais qui pourrait sincèrement, et sans siller, nier le caractère sacré de ces titres incontournables et, pour la plupart, indispensables? Les qualités de ce nouveau manifeste ne s'expriment donc pas dans les similitudes qu'il partage avec Ennemis en Public mais bel et bien dans les différences qu'il entretient avec celui-ci.
En second lieu, les quelques malheureuses infortunes que nous pouvions autrefois reprocher aux vocalises de Bruno Dolheguy au cœur de ce Ennemis en Public, notamment dans ces titres naguère chanté par Patrice Le Calvez en des hauteurs, à l'évidence, difficiles pour sa voix plus rugueuse, plus agressive, mais plus médium aussi, semblent ici ne plus poser de problème regrettable. Sans exceller dans un exercice où, visiblement, le chanteur n'est pas à l'aise; il maitrise désormais, en effet, suffisamment pour que l'exécution de ces morceaux ne soit pas sujet à polémique (Chevaliers du Déshonneur, Délires de Mort).
Au final, le seul défauts récurrents, commun aux deux albums live, réside dans ce public que l'on sent peu concerné, ou du moins que l'on entends peu.
Notons encore, avant de conclure, qu'il y a sur cette œuvre pas moins de quatre titres chantés en basque (la reprise très personnelle de Walk All Over You d'
AC/DC intitulé Amtsetan, Arrantzale, Madarikatua et Azken Agurraren Negarra ). Des titres dont on retrouve les traductions dans un livret, une fois encore, remarquablement détaillé et instructif.
Killers est donc ici exalté, ardent, énergique. La prestation est efficace. Le choix des titres présents sur ce live est superbement représentatif de la carrière de ce groupe. Le plaisir est intense et immédiat, à l'écoute de cette débauche enthousiaste bien desservis par une production adéquate.
La conclusion s'impose donc d'elle même: Le Côté Live est une véritable réussite.