Le premier essai des basques de
Killers fut infructueux. Tentatives bien trop perfectible, emplis de défauts passablement compréhensibles, elle fait naitre une frustration légitime car laissant pressentir au-delà de ces infirmités, quelques idées, mélodies, et talents, encourageants. L’apprentissage est une marche longue et laborieuse, mais nécessaire pour parvenir à affirmer toutes les nuances de son caractère, même artistique. Et avec ce deuxième effort, intitulé D anger de Vie et sortis en 1986,
Killers tente, à nouveau de s’affirmer.
D’abord il nous faut remarquer qu’au chapitre de la production, presque désastreuse sur le précédent manifeste, l’évolution est notoire. Désormais elle est bien plus claire et bien plus précise et évite ces empilements maladroits d’instruments dont l’expression, parfois, fut, autrefois, désordonné. Elle demeure cependant encore bien insuffisante et ce même si, chaque acteur de cette nouvelle pièce occupe dorénavant une place plus adéquat pour un équilibre plus attrayant. On regrettera, tout de même, que la voix de Patrice Le Calvez soit un peu trop en retrait et s’exprime au cœur d’une reverb inutile et gênante qui nuit, parfois, à la précision. C’est d’autant plus fâcheux que l’excellent chanteur de ce groupe fut loué, à l’écoute de ce timbre aigus et écorché, en une comparaison flatteuse avec rien moins qu’un certain Udo Dirkschneider (Accept, UDO).
Il nous faut ensuite percevoir les progrès remarquables dans cette démarche, toujours encore dévouée, à un Heavy/Speed Metal hargneux. Notons aussi que
Killers aura eu le discernement de s’exprimer davantage dans ce Heavy âpre qu’il maitrise bien mieux que les fébriles débauches promptes d’un Speed rageurs. Et ce même si, toutefois, il aura su formidablement s’y améliorer. Ainsi, sans en montrer la meilleure représentation, des titres tels que Bouffon ou Parabellum en constitue des ébauches encore un peu maladroit mais intéressant. Si ces titres évoqués demeurent un peu insuffisamment séduisants, le rapide et furieux Maitre du Metal, constitue, quant à lui, le premier pas excellemment réussi, de la part des basques, au sein de cette scène dédié à la vitesse.
Il nous faut finalement saisir le talent de Bruno Dolheguy et des siens dans ce Heavy dans lequel ils semblent s’exprimer avec une aisance grandissante. Ainsi ces titres sont efficaces, acerbes, incisifs et nuancé, à l’image de Heavy Metal Kids, le superbe Assassin et ses admirables variations où les guitares sèches et électriques se succèdent alternant passages intimistes et agressifs soulignant parfaitement le déroulement de la trame de l’histoire du morceau, ou encore par exemple à l’image de Minorité.
Bien évidemment l’œuvre a des défauts. En outres de cette production toujours encore insuffisante déjà évoquée, parlons de ces solos de guitares dont le son particulier apparait aujourd’hui comme très curieux. Parlons aussi des limites de la voix de Patrice qui si elle excelle formidablement sur les morceaux belliqueux, démontre quelques faiblesses sur les titres plus intimistes. Ainsi sur une chanson comme le pourtant très bon Délire de Mort, ses aigus, dans les douceurs amers de ces passages mélancoliques, apparaissent comme inopportuns et ce malgré les talents manifeste et exceptionnels du chanteur. Les lacunes du vocaliste demeurent pourtant insuffisantes à annihiler cette bonne impression qui nous étreint à l’écoute de ce Danger de Vie. Parlons encore du titre A La Santé de Bon, hommage éminemment respectable à Bon Scott, qui dans une sorte de Hard Rock festif dépeint une atmosphère réjouis que, pour ma part, je trouve un peu déplacé. Pas que ce morceau soit raté, mais sa légèreté ne sied pas véritablement à un ensemble dans lequel
Killers s’est exprimé avec véhémence, sagesse et application.
Les progrès remarquables effectués par les basques de
Killers, offre à cette œuvre une certaine qualité séduisante. Si elle ne suffit pas encore à convaincre totalement l’auditeur critique, elle demeure un mieux enthousiasmant laissant augurer, à l’avenir, le meilleur pour ce groupe.