L’un des feuilletons qui a fait le plus de bruit ces derniers temps : la nouvelle version de
Fear Factory. Cinq années après l’arrivée du décevant
Transgression, Burton C. Bell nous apprend que ses rapports avec Dino Cazares se sont améliorés et que les deux gugusses sont prêts à travailler de nouveau ensemble.
Mais le problème, c’est qu’on voit l’arrivée de Dino accompagné du légendaire batteur Gene Hoglan, connu pour ses participations à succès comme Death,
Strapping Young Lad et plus récemment,
Zimmers Hole. Le seul qui reste pour le plus discret est Byron Stroud, qui n’en est pas moins actif puisqu’on peut le retrouver aux côtés de Hoglan dans plusieurs projets.
On en oublierait presque Raymond Herrera, batteur du groupe depuis ses débuts, ainsi que le poly-instrumentiste, Christian Olde Wolbers. Le duo n’a pas été convié à la fête, et ce n’est pas l’appel au tribunal pour les droits du nom «
Fear Factory », qui empêchera l’existence de cette nouvelle version. D’ailleurs, Olde Wolbers et Herrera avoueront il y a peu de temps que les compositions du premier album d’
Arkaea étaient prévues pour un nouveau Fear Fact’. On retiendra l’élégance de Herrera laissant Bell et Cazares s’atteler à ces frasques en se mettant du point de vue des fans en voyant un tel line-up réuni. Ce qui est bien sûr une des choses les plus intéressantes pour ce nouvel album, son line-up. Car oui,
Fear Factory n’est plus vraiment dans la cour des grands, même si le groupe avait relevé la tête avec son Archetype, très rapidement suivi par le médiocre Trangression, ce qui mit un coup chez les californiens.
Jusqu’à présent, mis à part un Powershifter juste bon, on ne savait pas trop où allait nous embarquer l’usine de la peur version 2009. Burton C. Bell a décrit ce nouveau brulot comme un mélange mature de
Soul Of A New Machine et Obsolete pour son côté abouti. Le résultat ?
Les fans des premières heures se raviront du retour à l’éternel sujet qui a fait la renommée de
Fear Factory : le conflit homme/machine. On est donc agréablement surpris par ce bruit mécanique, froid et inquiétant dès les premières secondes du morceau éponyme. Le retour aux sources n’est donc pas de trop, il était même attendu et c’est là que
Fear Factory a décidé de taper. Il semblerait que les idées soient revenues avec la récente arrivée de Dino. Les riffs du guitariste d’origine mexicaine sont impressionnants de maitrise, les coups de poignets sont secs, sévèrement burnés et lourds. Le riff répétitif de l’organique « Fear Campaign » est un exemple, parmi tant d’autre, de l’inspiration du Dino(saure).
Attention à ne pas oublier l’immense Gene Hoglan, percutant sa batterie avec son jeu si personnel et tant admiré par les batteurs extrêmes. L’ogre utilise sa double pédale de manière intelligente, n’essayant pas de faire une démonstration sur chaque titre. Il est présent de bout en bout, comme sur l’excellent Industrial Discipline, où on se fait fusiller comme du vulgaire bétail.
« Christploitation » est sans doute le morceau le plus intéressant de l’album. Une intro futuriste au piano, digne d’un film robotique et sanguinaire, relayé par un Burton C. Bell montrant qu’il en a encore dans le gosier. Une chanson digne du chef d’œuvre
Demanufacture.
Bref, on ne redira pas à quel point les membres du groupe sont des machines. Usant à force d’acharnement, la musique proposée par les californiens vaut vraiment son coup d’oreille, c’est un réel plaisir de réécouter un
Fear Factory en grande forme et avec autant de prestige. Les noms y font pour beaucoup et le tapage médiatique autour aussi bien entendu. Mais que voulez-vous, n’est-ce pas ce qu’on attendait de Mechanize ?
On s’attendait clairement à de la baston, on est servi et on en redemande une dose. Le sublime et dérangeant Final Exit arrive parfaitement à combler ce manque. On rappellera également que toute l’expérience acquise par les membres de ce « nouveau » groupe est bien entendu un des facteurs de la réussite. Avec les différents groupes de tous, on était loin d’être en manque de connaissance des activités de chacun, toutes dans leurs coins, prêtes à être exploitées pour le bien de nos oreilles.
Mechanize signifie certainement le réveil d’un géant, ayant été congelé pendant huit longues années de blabla inutile entre Burton et Dino. Tout ça pour revenir peu de temps après, faire un tapage médiatique énorme et sortir un album incroyable en surprise.
Fear Factory nous rend nostalgique des années 90, où le combo régnait en osmose sur la musique industrielle californienne. En tout cas, pour les auditeurs cet opus a tout pour plaire : riffs de tueur, batterie modèle mitrailleuse, chant nuancé et travaillé.
En espérant que l’on nous serve une seconde fois dans l’avenir. A prendre avec gourmandise.