Fear Factory, un groupe culte s’il en est ! Fier représentant Californien d’une musique qui nous est chère, leur succès repose essentiellement sur deux méga tueries sortis dans le courant des années 1990 : le surpuissant
Demanufacture et son petit frère, le non moins décapant
Obsolete.
On leur attribue également la paternité d’un genre assez peu représenté, mais qui fait de plus en plus d’émules de nos jours (Notamment avec des groupes comme
Sybreed et
Breach The Void) : le
Cyber Metal, qui allie sonorités extrêmes, chant clair et incursions d’instruments électroniques.
Malgré un passage à vide à l’aube du 21ème Siècle, avec la sortie de deux albums mitigés (
Digimortal, dont l’histoire ne retiendra qu’un ou deux titres et
Concrete, qui n’est qu’une compil de vieux matériel dont le groupe se servait pour démarcher les labels, avant même la sortie de
Soul Of A New Machine), ainsi que le départ de l’un des membres fondateurs du groupe, l’imposant
Dino Cazares (guitare),
L’Usine de la Peur sort le très bon
Archetype en 2004, et par la même renvoie dans les jupons de leurs mères toutes les petites minettes prétentieuses que le monde du
Metal a engendré entre temps (Qui a dit «
Metalcore» ?). Le géant métallique vient de se réveiller, et ça va saigner… C’est tout du moins ce que l’on pouvait espérer de Transgression, qui, ne nous leurrons pas, rate le coche et a un goût relativement amer.
Là ou l’on s’attendrait à voir débouler sans crier gare un boulet de canon du calibre d’un «
Slave Labor», le groupe nous sert «
540.000 Degrees Fahrenheit». Un morceau que l’on pourra au mieux qualifier de «sympathique», mais qui devient très vite indigeste, car répétitif au possible, et tout simplement mal maîtrisé. Pas vraiment le meilleur moyen d’appâter l’amateur de sensations fortes… Heureusement, la suite se veut plus rentre-dedans, et l’on se surprend à remuer la tête sur «
Spinal Compression». Le bon vieux coup de la rythmique rouleau-compresseur syncopée fonctionne toujours aussi bien, même s’il n’y a pas là de quoi crier au génie.
Mis à part le titre d’introduction, la première partie de l’album passe plutôt bien, mais là ou le bat blesse, c’est avec l’anecdotique «
Echo Of My Scream», sorte de power-ballad soporifique (la faute pouvant toutefois être imputée à ses monolithiques 7 minutes), la bouse calibrée pour les ondes qu’est «
Supernova» (que même la participation du bassiste de
Faith No More,
Billy Gould, ne parvient pas a sauver d’un aller simple à la poubelle) et surtout, «
I Will Follow», reprise de U2 résonnant comme une mauvaise blague un lendemain de cuite, ou encore comme un majeur tendu vers les fans de la première heure, c’est selon...
L’Usine de la Peur serait elle devenue un ersatz de mauvais groupe de
Pop-Metal (J’exagère à peine) ?
C’est avec cet effrayant constat en tête que l’écoute se poursuit… L’album est cependant sauvé du désastre total par les deux derniers morceaux, dont une reprise de
Killing Joke («
Millenium»), qui sans être formidable, a au moins le mérite de ressembler à du
Fear Factory.
Avec
Transgression, le groupe donne l’impression d’exploiter le succès d’
Archetype et de se reposer sur ses acquis, en sortant un album globalement peu inspiré et qui ne laissera pas un souvenir impérissable. L’on saluera également l’originalité de la bande à
Burton pour ce qui est de la pochette, honteusement copiée sur la précédente galette. Pour autant, tout n’est pas à jeter, et l’on retrouve quelques titres convaincants, mais tout juste de quoi proposer un bon EP, et non pas un album entier...
Préférez lui
Mechanize, qui voit le retour de
Dino Cazares, pour un résultat bien plus intéressant.