Toujours encore mû par cette volonté placide d’une sincérité et d’une quiétude incontestable, Europe poursuit les desseins de ce songe artistique simplement évident. Loin de ceux, au carriérisme volontairement avide où les destins les plus glorieux sont les modèles inavoués, bien plus qu’une quelconque expression créative cohérente ; il nous propose, après deux albums studios audacieux, dont un
Secret Society (2006) sans doute un peu trop moderne, une musique, au passéisme salutaire nettement plus convaincante. Si, bien évidement, ces deux œuvres,
Start From The Dark (2004),
Secret Society (2006), demeurent déterminantes, ce
Last Look At Eden s’inscrit, indéniablement, dans une histoire plus singulièrement propre à ces suédois. En effet, ce Hard Rock influencé par les années 70, offre une image qui correspond bien plus parfaitement à celle que le groupe le plus emblématique, et le plus décrié, des années 80, avait laissé vivace hantant nos esprits.
D’emblée, à l’instar d’un
Almost Unplugged, il transparait indéniablement de cette œuvre une sereine spontanéité d’artistes dont la satisfaction la plus évidente au niveau de leur expression musicale, est de jouer. Après un prélude théâtral dramatique, un titre éponyme vient plaisamment éveiller nos émotions au son de couplets tendus prenants, avant qu’un refrain mélodique bienfaiteur ne vienne magnifiquement les sauver. Retrouvant ainsi tout le talent d’écriture d’un Europe très inspiré, les titres s’enchainent suscitant un plaisir indéfectible. Un Gonna Get Ready demeure très appréciable avec son esprit très inspiré par le travail du groupe, notamment la mélodie et le break, de la période des années 80, sans, toutefois, ses synthés pesant prépondérant. Mais les parfums les plus délicieusement suaves exhalent indéniablement de ces titres aux guitares, aux mélodies et à l’âme seventies. Ainsi Catch That Plane, et son riff hendrixien, son atmosphère admirablement épaisse, mais aussi Mojito Girl, et ses guitares datées, parfois aux confins d’un climat « funky » diffus, et encore le riff introductif d’un Only Young Twice aux refrains superbes, mais également les mélodies que nous proposent John Norum sur un U Devil U au break à l’empreinte typiquement propre à Joey et aux siens.
Pratiquant l’exercice quasiment obligatoire de la ballade poignante, Europe nous offre avec New Love in Town, un joli moment agréable ; alors que In My Time, à l’âme bluesy, apparait, quant à elle, nettement plus dispensable.
Il est, selon moi, absolument nécessaire de souligner que sur cette œuvre, encore une fois, ces musiciens excellent. En conséquence Joey, un Mic essentiel, parcimonieux et discret, Ian, John Leven, mais surtout John Norum dont les interventions et les soli sont un véritable bonheur parfait, nous propose l’exemplarité de musiciens aux talents exceptionnellement délicieux.
Véritable retour aux valeurs les plus primordiales et les plus délectables de sa musique, Europe nous subjugue donc avec un très bon
Last Look At Eden. Si certains pourront regretter ce choix, peu contemporain, il dénote tout de même d’une saine volonté assumé d’un groupe qui tient son destin en main. Loin de toutes considérations partisanes, cette décision est donc éminemment respectable.